mardi 24 octobre 2017

Niels d'Alexis Ragougneau

Ce que j'admire, moi, vois-tu, ce que j'admire chez toi, c'est que tu es dans la vie. Moi je reste à la périphérie, je n'arrive jamais à franchir le dernier cercle. 

Niels Rassmussen est au Danemark, prêt à devenir père pour la première fois quand il apprend que son ami Jean-François, dramaturge comme lui, va très bientôt être jugé pour des actes de collaboration. Il ne réfléchit pas à deux fois et quitte une femme enceinte jusqu'au cou et une bonne place pour les années à venir (c'est le moment où il faut savoir se placer) pour comprendre ce qui s'est passé.

J'aime beaucoup ce qu'écrit Alexis Ragougneau. Ses polars, surtout le dernier, Évangile pour un gueux, sont finement travaillés et ne sont d'ailleurs pas tant des polars que des livres noirs. J'étais donc contente de retrouver ce titre dans la première et le deuxième liste du Prix Goncourt et j'ai aimé les cent premières pages. Mais je n'ai pas retrouvé ici la finesse de la plume et je me suis vite ennuyée. Pourtant, le thème de la collaboration dans l'art est original, en tout cas, il l'est pour moi, qui ai peu, voire pas du tout, lu des romans traitant de ce thème. Certaines scènes sont fortes et réussies, comme celle où les héros de guerre et les travailleurs du STO descendent du train. Alexis Ragougneau a tenté de jouer avec la forme du texte, insérant des chapitres en forme de scène de théâtre, comme d'autres l'ont fait avant lui, avec, à mon avis, peu de réussite. Je n'ai pas été enthousiasmée par cette tentative sauf pour un chapitre. Oublions le manque de crédibilité de la situation, cet homme qui quitte sa femme sans lui expliquer de vive voix pourquoi il part et sans lui dire qu'il reviendra; même sans ce détail, l'ensemble reste pour moi poussif. Alors, certes, le thème est à la mode (a-t'on comptabilisé le nombre de romans se déroulant pendant ou juste après la seconde guerre mondiale? J'ai l'impression qu'on a battu un record cette année) et il est traité d'un point de vue original mais ça ne m'a pas suffi, d'autant que certains dialogues m'ont semblé sonner faux. Et puis, j'ai du mal avec ces romans qui mine de rien, égratignent ceux qui ont vécu ce moment comme Ragougneau le fait avec Sartre. Je relirai malgré tout Alexis Ragougneau, c'est une certitude, je n'oublie pas qu'il a su m'enchanter. Malheureusement pour ce roman, ce n'est pas sa couverture qui aidera à faire grimper ses ventes (oui, ça peut paraître idiot, mais il y a des gens suffisamment superficiels pour aimer les belles couvertures), ni d'ailleurs les quelques fautes de frappe.

Publié le 31 août 2017. 355 pages.

Merci à Marjorie pour ce cadeau d'anniversaire.
A conseiller à ceux qui aiment les livres se déroulant dans le milieu de théâtre.


16 commentaires:

  1. Bon, ce roman était en tête de mes listes... je n'ai pas lu l'auteur, j'en suis curieuse, je vais plutôt revenir à ses titres précédents que j'avais laissés passer.
    (je me demande si le record pour cette année, ce ne serait pas plutôt la guerre d'Algérie )

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je te conseille fortement Evangile pour un gueux (qui aurait pu ne pas être publié dans la collection rouge).

      Supprimer
  2. J'avais déjà lu l'avis d'Athalie, et maintenant le tien sur ce livre, que je rejoins complètement, et ça me rassure. Je l'a abandonné en cours de route, pareil, je m'ennuyais. Et puis, d'une certaine manière, je ne le trouve pas très accessible, et tout cela tourne un peu en rond. Bref, mon avis va être très proche de celui d'Athalie et du tien.
    Mais je n'oublie pas le coup de coeur que j'ai eu pour Evangile pour un gueux, que tu m'avais conseillé.
    Bises Valérie

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as raison, ça tourne finalement assez vite en rond. Dommage parce que le début est assez fort.
      Bises, Anne.

      Supprimer
  3. Comme je n'ai pas encore lu ses polars, je vais plutôt me tourner vers eux.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je te le conseille. A mon avis, le deuxième est nettement au dessus du premier.

      Supprimer
  4. Bonjour Valérie, tu es la première dont je lis un billet sur ce roman. Tu me refroidis un peu. Moi aussi, j'ai tellement les deux romans qui se déroulent à Notre-Dame. J'espère qu'il en écrira d'autres. Pour Niels, je vais attendre de le trouver en bibliothèque. Bonne journée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est sûr qu'il en écrira d'autres, d'autant que celui-ci est quand-même toujours en lice pour le Goncourt, signe qu'il plait à ses pairs (à défaut, peut-être, de trouver son lectorat).

      Supprimer
  5. Premier billet que je lis sur ce roman, j'hesitais à le lire... il va attendre un peu...

    RépondreSupprimer
  6. Il m'attend dans ma PAL, dédicacé par l'auteur au demeurant charmant. Du coup, j'hésite.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Rencontrer l'auteur doit tout de même donner envie de lire le roman.

      Supprimer
  7. Je parle bientôt de l'artiste et de l'humain qui est derrière...cela rejoint un peu le thème de ce livre.
    Je n'ai jamais lu ni même entendu parler mais s'il écrit des polars c'est logique.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne comprends pas tout à ton commentaire, Pat. Tu vas parler d'Alexis Ragougneau?

      Supprimer
  8. Ah mince, je me doutais que tu le lirais et j'attendais ton avis avec impatience. Pour le coup c'est la douche froide !
    (et l'esthétique d'une couverture compte beaucoup pour moi, superficiel je suis et j'assume^^)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Me voilà rassurée de savoir que la superficialité n'est pas un trait uniquement féminin. ;-)

      Supprimer

La remise des romans

La semaine dernière, c'était le grand jour, nous remettions les romans aux élèves ! Nous avions prévu deux heures pour leur lire des...