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dimanche 11 mars 2018

Call me by your name de Luca Guadagnino

Comme tous les ans, le professeur Perlman reçoit un étudiant dans sa villa italienne (qui m'a fait rêver pendant tout le film). Cet été-là, c'est Oliver, un américain sportif, musclé et intelligent qui va passer six semaines avec le professeur, sa femme et leur fils de dix-sept ans. Ce dernier, Elio, est un jeune prodige du piano et profite de l'été pour dragouiller les filles de bonne famille du village. Mais petit à petit, il se sent attiré par Oliver qui semble garder ses distances et plaire à la gent féminine environnante. 
C'est ce film qui m'a réellement donné envie de retourner dans les salles obscures, les notes presse et public dépassant le 4/5 sur Allociné (mais pour être honnête, j'étais tentée bien avant) et comme souvent quand l'attente est grande, j'ai été déçue. Je me suis profondément ennuyée pendant la première moitié du film; heureusement que les décors sont somptueux. Ensuite, quand la relation commence réellement, il y a quelques moments de grâce, des pieds qui se frôlent, qui se font masser, des corps qui s'étreignent, le tout de manière assez pudique. Nous ne sommes pas non plus tout à fait dans du politiquement correct parce que tout de même, le corps très viril d'Armie Hammer (qui ne passait déjà pas inaperçu dans The Social Network) s'oppose à celui très émacié et enfantin de Timothée Chalamet. Les acteurs sont bons, j'ai eu un petit faible pour Armie Hammer, on le sent un moment perdu quand il a enfin lâché prise et il est touchant,  mais c'est vraiment trop long, on sent bien les 130 minutes passer. J'ai donc bien du mal à comprendre l'engouement pour ce film, si ce n'est que peut-être, ça renvoie les gens à une nostalgie du premier amour. 

Sorti le 28 février 2018. 



Merci à Florence et à sa grande ado qui nous a accompagnées et qui a, elle, adoré (un film à conseiller aux ados peut-être?). 
A conseiller aux nostalgiques des amours passées dont je ne fais pas partie. 

                                         

                                     

                                       


mardi 14 février 2017

Loving de Jeff Nichols

Demain sortira sur les écrans ce film qui retrace le parcours des Loving, couple mixte dans l'Amérique des années 60 qui fut à l'origine de la bataille juridique Loving vs Virginie à la Cour Suprême. Pour illustrer l'amour en ce jour de Saint-Valentin, ce film est parfait. Richard Loving vit dans un quartier où blancs et noirs se mélangent. Ses amis sont noirs, tout comme la femme qu'il aime. Lorsqu'elle tombe enceinte, rien n'est plus naturel pour lui que de l'épouser et de construire une maison dans laquelle vivre à deux. Ils se marient donc à Washington. Une nuit, la police les réveille et les emmène en prison. On leur laisse le choix entre passer un an en prison ou quitter l'état. Ils partent. Mais Mildred a le mal de sa famille et du pays et lorsque l'un de ses fils se fait renverser par une voiture, elle décide de retourner vivre cachée près des siens. Entre temps, elle est entrée en contact avec l'ACLU qui lutte pour les droits civiques et qui va sentir que cette affaire pourrait faire jurisprudence. Tout va donc être tenté pour cette affaire aille jusqu'à la Cour Suprême. 
J'avais peur que ce film ne joue la corde du mélo, ce qui m'aurait été insupportable. Ce n'est pas du tout le cas. Jeff Nichols se centre sur les scènes du quotidien pour mieux nous faire ressentir la peur et l'amour. Et c'est justement parce qu'il n'y a pas de pathos que Richard Loving, superbement joué par Joel Edgerton est bouleversant et qu'on finit par verser sa larme. Face à son ami noir qui ne comprend pas comment il peut choisir délibérément de se mettre dans le pétrin réservé aux noirs de l'époque, on sent que Richard Loving n'a pas le choix: il aime cette femme plus que tout. Il n'a pas plus choisi cet amour que son ami n'a choisi sa couleur. Le film aurait sans doute gagné à être un peu plus court. Nous sommes allées voir ce film à huit, entre adultes et ados, et les avis sont partagés entre un immense enthousiasme et des réserves sur la lenteur, avec des ados et des adultes dans les deux camps.

Sortie le 15 février 2017. 2h 03.


Un grand merci à Mars Productions pour cette invitation spéciale enseignants. 
A conseiller à ceux qui pensent que l'amour vaut bien un combat.   

mardi 22 novembre 2016

Moi, Daniel Blake de Ken Loach

Daniel Blake vit à Newcastle. Souffrant du cœur, son médecin ne veut plus qu'il travaille mais lors d'une rencontre avec une bureaucrate sans qualification médicale, il n'est pas très conciliant pour répondre à ses questions et il reçoit quelques jours plus tard une lettre lui signifiant qu'il a été jugé bon pour reprendre le travail. Le voici donc obligé de suivre les démarches nécessaires pour toucher le chômage, puisqu'il ne tient pas à mettre sa vie en danger. C'est dans les locaux de l'équivalent anglais de Pôle Emploi qu'il va rencontrer Katie et ses enfants, avec qui il a pour point de commun une difficulté à accepter le côté kafkaïen de l'administration. 
J'y allais un peu à défaut d'être attirée par autre chose, les films du moment ne me donnant pas une folle envie de m'enfermer dans les salles obscures. C'est sans doute pour cela que la surprise me parut si bonne. J'ai été touchée par cet homme seul qui se crée une famille et par cette jeune femme qui fait tout pour s'en sortir mais qui se heurte à l'administration et au manque d'argent. J'ai même franchement pleuré lors d'une scène très forte ayant lieu dans une banque alimentaire (et c'est une très bonne idée de rappeler à quel point c'est utile) et lors du beau discours, sans doute très orienté à gauche, de fin. Mais j'ai aussi souri plusieurs fois. On peut se dire que Ken Loach en fait un peu trop lorsqu'il met Daniel Blake face aux incohérences de l'administration et aux difficultés de l'ordinateur. Or, j'ai une mère qui ne manie absolument pas ce qui peut devenir un engin de torture (mentale) et à qui il faut parfois servir d'intermédiaire parce que certaines démarches se font désormais uniquement en ligne ou presque. Je comprends donc parfaitement que Ken Loach ait eu envie d'insister sur ce que cela représente pour des gens seuls d'un certain âge. On sent aussi qu'il oppose les bénévoles, ceux de la banque alimentaire en l’occurrence et les fonctionnaires qui obéissent bêtement aux circulaires. Mais il sauve tout de même une employée du lot, permettant ainsi de sortir du manichéisme. Et puis, Ken Loach donne la part belle aux jeunes et j'aime ça. Je n'ai pas toujours aimé ce qu'a fait Ken Loach mais ce film-ci est pour moi une réussite. 

Merci à celle qui a eu la bonne idée d'avoir envie de voir ce film.
A conseiller à ceux qui se sentent un peu de gauche (voire complètement). Il peut sans doute agacer les autres. 


Moi par (six) mois

En juillet, je publiais ici le résumé des six premiers mois de mon année. Il fallait bien une suite, la voici donc. Une suite, mais aussi ...