mardi 22 novembre 2016

Moi, Daniel Blake de Ken Loach

Daniel Blake vit à Newcastle. Souffrant du cœur, son médecin ne veut plus qu'il travaille mais lors d'une rencontre avec une bureaucrate sans qualification médicale, il n'est pas très conciliant pour répondre à ses questions et il reçoit quelques jours plus tard une lettre lui signifiant qu'il a été jugé bon pour reprendre le travail. Le voici donc obligé de suivre les démarches nécessaires pour toucher le chômage, puisqu'il ne tient pas à mettre sa vie en danger. C'est dans les locaux de l'équivalent anglais de Pôle Emploi qu'il va rencontrer Katie et ses enfants, avec qui il a pour point de commun une difficulté à accepter le côté kafkaïen de l'administration. 
J'y allais un peu à défaut d'être attirée par autre chose, les films du moment ne me donnant pas une folle envie de m'enfermer dans les salles obscures. C'est sans doute pour cela que la surprise me parut si bonne. J'ai été touchée par cet homme seul qui se crée une famille et par cette jeune femme qui fait tout pour s'en sortir mais qui se heurte à l'administration et au manque d'argent. J'ai même franchement pleuré lors d'une scène très forte ayant lieu dans une banque alimentaire (et c'est une très bonne idée de rappeler à quel point c'est utile) et lors du beau discours, sans doute très orienté à gauche, de fin. Mais j'ai aussi souri plusieurs fois. On peut se dire que Ken Loach en fait un peu trop lorsqu'il met Daniel Blake face aux incohérences de l'administration et aux difficultés de l'ordinateur. Or, j'ai une mère qui ne manie absolument pas ce qui peut devenir un engin de torture (mentale) et à qui il faut parfois servir d'intermédiaire parce que certaines démarches se font désormais uniquement en ligne ou presque. Je comprends donc parfaitement que Ken Loach ait eu envie d'insister sur ce que cela représente pour des gens seuls d'un certain âge. On sent aussi qu'il oppose les bénévoles, ceux de la banque alimentaire en l’occurrence et les fonctionnaires qui obéissent bêtement aux circulaires. Mais il sauve tout de même une employée du lot, permettant ainsi de sortir du manichéisme. Et puis, Ken Loach donne la part belle aux jeunes et j'aime ça. Je n'ai pas toujours aimé ce qu'a fait Ken Loach mais ce film-ci est pour moi une réussite. 

Merci à celle qui a eu la bonne idée d'avoir envie de voir ce film.
A conseiller à ceux qui se sentent un peu de gauche (voire complètement). Il peut sans doute agacer les autres. 


13 commentaires:

  1. J'ai lu un autre article très enthousiaste sur ce film, tu seras sans doute intéressée par ce billet sur Interférences : http://numberk.blogspot.be/2016/11/nous-daniel-blake.html

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  2. Chouette ! je vais essayer d'y entraîner mon mari ce week end ;-)

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    1. Tu me diras si tu as aimé? Il est assez controversé dans la presse.

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  3. Ecoute, je vais le voir ce soir. J'ai lu ton billet en diagonale, je reviens te donner mon avis demain.

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  4. Contrairement à toi, j'y suis allée très vite, persuadée que j'aimerai et ce fut le cas. Il y a plusieurs moments bouleversants dont celui que tu évoques où tout est dit en quelques secondes. Ce week-end, j'ai vu le documentaire "les enfants volés d'Angleterre", voilà des visions de ce pays qui font froid dans le dos.

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  5. C'est vrai qu'il en fait peut-être de trop par moment, Ken Loach, mais les situations décrites sont crédibles. Comme toi, j'ai pleuré pendant ce film et j'ai eu honte d'accepter la société dans laquelle on vit sans broncher ou si peu. Des Daniel Blake, il y en a partout tout comme des jeunes femmes comme Katie.

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  6. J'ai beaucoup aimé ce film, et comme toi, la scène dans la banque alimentaire m'a fait fondre en larmes. Le propos de Ken Loach est toujours trop appuyé, mais au moins il met le doigt là où ça fait mal.

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  7. J'ai adoré ce film, qui m'a bouleversée, et je t'avoue qu'à partir de la banque alimentaire, je n'ai fait que pleurer jusqu'à la fin du film.

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  8. Comme toi, j'y suis allée parce que rien d'autre ne me tentait vraiment, et j'ai aussi été conquise par la sincérité et la dignité des personnages, cette détresse qui s'exprime sans grandiloquence.

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  9. Bonjour Valérie, même si ce n'est pas le film du réalisateur que je préfère, il est très recommandable.

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