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lundi 16 juillet 2018

La disparition de Stéphanie Mailer de Joël Dicker

En 1994, le maire d'Orphea, petite ville américaine tranquille, est assassinée avec sa famille. Le meurtrier est arrêté par les deux enquêteurs de l'époque, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Vingt ans plus tard, une journaliste nommée Stéphanie Mailer décide d'enquêter dans son coin et affirme que la police a fait une erreur. Peu après, elle disparaît.
On retrouve dans ce roman les caractéristiques du premier roman de Joël Dicker, la vie dans une petite ville américaine qui se trouve bouleversée par un meurtre. Le point commun s'arrête là. Si j'avais des bémols sur la version papier (aucune sur la version audio) de La vérité sur l'affaire Harry Québert, là, ce ne sont pas des bémols que j'ai, c'est tout simplement que j'ai été submergée par l'ennui. J'ai aimé le début, puis il m'a semblé que l'ensemble tournait vite en rond, sans compter que l'auteur me semblait parfois régler ses comptes avec la critique littéraire. En soi, ça ne me pose pas problème, sauf qu'il n'y va pas avec le dos de la cuillère. Quand il a fallu charger le deuxième CD sur mon ipod, j'ai manqué de courage et j'ai laissé là la fine équipe d'enquêteurs, sans apprendre l'identité du meurtrier. Ce qui est embêtant, c'est que j'avais déjà abandonné le roman précédent de Joël Dicker. Il faut tout de même savoir que j'ai naturellement de la bienveillance pour cet auteur, qui a enthousiasmé mes élèves participant au Prix Goncourt des lycéens quand il l'a obtenu. Je ne sais pas si notre participation à ce jury aurait eu la même saveur sans lui. Mais là, j'aimerais bien qu'il passe à autre chose, peut-être a-t'il besoin d'explorer d'autre lieux et d'autre thèmes. 
Date de parution : 
06 Juin 2018
- Éditeur d’origine : 
Editions de Fallois
Durée : 
18h21



Merci à Audiolib. 
Je ne peux vraiment pas le conseiller à qui que ce soit. 

                                              

mardi 26 juin 2018

Comme des rats morts de Benedek Totth

Bien sûr, je pourrais le dénoncer et le faire exclure, il le mériterait bien. Il a du pot qu'il y ait pas de contrôle antidopage aux compètes juniors. Ils disent que ça coûte trop cher, mais c'est surtout que personne a le temps ni l'envie de s'amuser avec des gosses. On les laisse se gaver de toutes sortes de saloperies, et quand ils seront grands, ils se feront choper par l'AMA.[...] Tant que t'es junior, tu prends ce que tu veux ou ce que tu peux te payer, ou encore ce que ton entraîneur te procure. Personne se demande comment on devient champion national à seize ans. 

Une bande de garçons fréquente le même lycée, le même club de natation et partagent les mêmes filles. Leurs seuls centres d'attractions sont la compétition, le sexe (de manière très ciblée et répétitive), les jeux vidéo et la défonce au sens large. Au tout début du roman, ils percutent un cycliste et le laissent sur le bord de la route. 
J'ai tourné plusieurs fois autour de ce roman noir avant de le prendre. Si le thème des compétitions de natation pleine de testostérone m'attirait irrésistiblement, je n'étais pas certaine d'aimer le style, ni cette génération biberonnée aux films porno et à la drogue.
Greg cogne le volant du poing et se met à gueuler comme un putois, putain d’enculé de merde, où est-ce qu’on est, bordel ?
- Branche le GPS ! Suggère Dany.
Greg l’envoie chier mais il sort le truc de la boîte à gants. La Bouée l’aide à le brancher. C'est réglé sur une voix de pute qui gémit : « Mets la marche arrière et recule de cent mètres. » Il devait quand même y avoir quelque chose dans le shit, parce que ça suffit à me faire bander.
 Il m'a effectivement fallu quelques pages pour m'adapter au style, à cette langue parlée (les négations ne comportent pas de "ne" par exemple), puis je me suis laissée portée par ces grands ados qui, à l'instar de leur meneur de jeu Greg, ne semblent pas connaître la définition de mots "amitié", "solidarité" et j'en passe.  Ados à la dérive, on ne parvient pas à les qualifier de jeunes hommes en devenir tant on ne leur voit aucun avenir, si ce n'est, pour Greg, ce fils à papa qui se prélasse dans l'argent parental. Les parents, d'ailleurs, sont aussi égratignés que les ados, totalement dépassés par leurs progénitures dont ils ne se soucient guère ou qui leur échappe parce qu'ils ont déjà bien du mal à s'occuper d'eux-mêmes. Ce n'est pas un roman que je recommanderais à la majeure partie des lecteurs de mon entourage mais moi, je l'ai beaucoup aimé. Ça sent souvent l'urine (les garçons marquent leur territoire, dans l'eau aussi, donc à éviter peut-être juste avant d'aller à la piscine), les filles ne sont que des objets (de désir, un peu, de satisfaction de pulsions, souvent), c'est noir, glauque, trash mais pas totalement désenchanté ou amoral et ça fonctionne parfaitement. Voilà un auteur que je ne manquerai pas de suivre. Benedek Totth a traduit Bret Easton Ellis en Hongrois, la parenté est évidente. 

Publié en octobre 2017 chez Actes Noirs, que je suis heureuse de retrouver après les avoir délaissés pendant quelques années. 255 p. 

Merci au club des explorateurs du polar de Lecteurs.com. 
A conseiller à ceux qui aiment parfois nager en eaux troubles. 


jeudi 22 février 2018

L'été de Trapellune de Ruth Rendell

C'était un phénomène qui, bizarrement, n'était pas mentionné dans les romans: les personnages qui avaient causé la mort de quelqu'un semblaient s'en remettre immédiatement, sans subir la moindre transformation. Leur seule crainte était d'être découverts. 

Ils étaient cinq, trois hommes et deux femmes à passer cet été à Trapellune, propriété dont l'un d'eux venait d'hériter.Dix ans plus tard, en voulant enterrer leur chien, les nouveaux propriétaires découvrent le corps d'une femme et d'un bébé. Le passé qui ne fut jamais profondément enterré resurgit. 
J'ai beaucoup lu Ruth Rendell pendant mes études d'anglais, à l'époque où presque la moitié de mes lectures étaient des polars, c'est en tout cas l'impression que j'ai gardée de cette époque. Ce livre est un polar tout ce qu'il y a de classique, si ce n'est que nous connaissons dès le début les meurtriers, sans savoir précisément quel fut le rôle de chacun. C'est sur d'autres éléments qu'il nous surprend. Vous dire que j'ai été passionnée par l'intrigue, dans laquelle il n'y a d'ailleurs, pas réellement d'enquête, ou disons qu'elle se situe très en marge, serait mentir. Pourtant, c'est avec ce roman que Ruth Rendell a reçu le prestigieux Golden Dagger. Je pense que j'ai depuis longtemps passé la période où ce genre de polars m'intéressait. J'ai appris dans ce polar que certaines rues de Londres portent des numéros, comme à New-York (il y a par exemple quatorze Première rue dans la région de Londres). J'ai appris aussi que les stérilets étaient des abortifs et non des contraceptifs si je peux faire confiance à l'auteure (j'ai vu qu'il y avait polémique à ce sujet et n'ai pas eu le courage de lire des articles dont je ne mesurais pas la fiabilité). J'aime le côté vintage de ces romans policiers dans lesquels il faut aller en bibliothèque pour rechercher des infos qui sont désormais à portée de main. Il y a aussi un passage assez drôle sur le lien entre la masturbation et les gencives saines. 

Publié en 1987. C'est sous son pseudonyme Barbara Vine qu'il fut publié en Angleterre.  377 pages en livre de poche. 

A conseiller aux amateurs de polars classiques.
Merci à la cabane à livres de ma piscine. 

samedi 16 décembre 2017

Quand sort la recluse de Fred Vargas

Lorsque plusieurs personnes âgées sont retrouvées mortes après avoir été piquées par des recluses, tous les sens d'Adamsberg sont en éveil. Alors que ses acolytes ne semblent pas désireux de le suivre sur cette piste-là, le voilà qui suit la trace du fil des araignées, remontant jusqu'à une bande de très sales gosses qui après avoir tyrannisé leurs camarades derrière les bancs de l'école, au point de leur avoir laissé des traces physiques, ont continué à faire des leurs. Aidé de la truculente Irène, une passionnée d'araignées, Adamsberg va tenter de percer le mystère, sans savoir que cette enquête va aussi le mener vers ses propres souvenirs enfouis. 

Encore une fois, me revoilà avec un Vargas entre les oreilles et encore une fois, quel plaisir ce fut ! Je ne suis pas une fan absolue de Vargas, je trouve que les derniers romans publiés chez Viviane Hamy étaient en dessous de son talent habituel mais celui-ci, le deuxième publié chez Flammarion renoue avec la verve de l'auteur. Irène est irrésistible et l'est d'autant plus quand elle est interprétée (car il ne s'agit pas seulement de lecture ici) par  Thierry Janssen qui est vraiment formidable, donnant vie à ce texte. J'ai parfois éclaté de rire dans ma voiture. Voilà donc une auteure, un lecteur et une intrigue qui nous prennent dans leur toile, jouant sur le double sens du mot recluse.

Publié chez Audiolib en novembre 2017. 11h54 d'écoute. 

Merci à Audiolib. 
A déconseiller aux arachnophobes (Tiphanie, tu as compris que ce n'est pas pour toi). 

                                                             

jeudi 16 novembre 2017

Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

A Détroit, en 2013, un groupe de policiers dirigé par Sarah Berkhamp lance l'assaut d'une maison. A l'intérieur, un homme attend son arrestation. Aucune violence n'est nécessaire pour la mener à bien et pourtant, quelques heures plus tard, le suspect est roué de coups par l'un des inspecteurs. Pour en comprendre la raison, il faut remonter quelques années en arrière, quand le-dit inspecteur, Stan, était sur les traces d'un kidnappeur et tueur d'enfants surnommé Le géant des brumes. 
Ce qui m'a donné envie de découvrir ce polar, c'est Détroit. C'est une ville qui me fascine, sans doute un peu grâce à Eminem mais aussi parce que peu de villes ont comme elle été des symboles de réussite pour  devenir l'antonyme du rêve américain et pour finir par rebondir à nouveau. Difficile de savoir ce que cette ville deviendra dans quelques années. J'avais donc envie de me plonger dans les bas-fonds de cette ville et il y avait matière à m'enthousiasmer. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Je me suis vite ennuyée, il faut dire que le thème des kidnappings d'enfants me plait rarement parce que j'ai souvent l'impression de relire la même chose, à de rares exceptions près. Les enquêteurs et leurs fantômes bien cachés dans les placards finissent aussi par me lasser, je crois. J'attends donc un vrai beau roman/ polar mettant en scène cette ville qui le mérite amplement et qui méritait davantage que cette page 34 qui semble résumer à la va-vite son histoire. J'en ai aussi ras le bol de ces polars plein de testostérone dans lesquels les hommes se font justice eux-mêmes. J'ai été très étonnée par une phrase. Lors d'une relation sexuelle, une femme dit: "Je viens aussi". Si ce roman avait été écrit par un américain, j'aurais râlé contre cette grosse erreur de traduction ("come" a un sens sexuel qu'on apprend très vite quand on est assistante en Angleterre, il suffit de dire une fois "I'm coming" à une classe pour comprendre, aux sourires sur les visages des garçons, qu'on va désormais éviter cette phrase en cours) mais l'auteur est français et manifestement, la phrase ne peut se comprendre dans le sens propre du verbe venir. Quant à la plume, je vous laisse juge:
Sa chevelure rousse ondoya comme les flammes d'un brasier incertain. 

Publié en octobre 2017 chez Calmann Lévy. 303 pages. 

A conseiller à tout le monde sauf à moi si j'en crois les avis sur Babelio. 
Merci à l'opération Masse Critique de Babelio. 




jeudi 9 novembre 2017

Nuit de Bernard Minier

Kirsten arrive sur une plateforme pétrolière basée en mer du Nord. Une technicienne y a été assassinée et un homme a disparu, le coupable présumé, Julian Hirtmann, un homme recherché par la police depuis des années. Elle se rend à Toulouse après avoir retrouvé, dans la cabine d'Hirtmann, des photos du policier Martin Cervaz. Cervaz er Hirtmann ont une longue histoire commune puisque ce dernier est à l'origine de la disparition de Marianne, la compagne de Cervaz, qui ne fut jamais retrouvée. 

Je n'avais jamais lu ou écouté Bernard Minier, pour une raison sans doute idiote, je ne lis pas de romans XO, ou alors pas depuis longtemps. Mais une amie aime beaucoup ses romans et je me suis dit qu'il était temps de passer outre mes préjugés. C'est typiquement le genre de polars que je préfère écouter plutôt que lire parce que c'est un polar d'action et non véritablement d'ambiance. On n'y apprend rien de particulier, ni d'un point de vue sociologique, ni d'un pays lointain, si ce n'est des informations concernant la maladie rare de l'enfant qui est au centre du l'histoire. J'ai plutôt passé un bon moment même si je ne suis pas sûre d'avoir envie d'écouter à nouveau l'auteur (et pas du tout de le lire). Je n'ai pas du tout aimé la fin mais je vais éviter de faire comme ces lecteurs qui me faisaient sourire en rencontre parce qu'ils auraient bien fait réécrire la fin par l'auteur qu'ils étaient venus écouter.

Lu par Hugues Martel- Paru le 13 septembre 2017- 15 h50 d'écoute. 

Merci à Audiolib. 

Moi par (six) mois

En juillet, je publiais ici le résumé des six premiers mois de mon année. Il fallait bien une suite, la voici donc. Une suite, mais aussi ...