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mardi 29 mai 2018

L'adoption de Monin et Zidrou

Ça faisait longtemps qu'elles me tentaient ces BD, et je ne sais pas ce qui m'a retenue de les lire plus tôt, d'autant que, les ayant offertes, je les ai eues entre les mains. Je n'avais pas trop lu les résumés pour ne pas trop en apprendre, signe tout de même que l'envie était vraiment là. Zidrou a su m'émerveiller mais aussi me décevoir et cette fois, j'ai retrouvé mon plaisir des débuts (pas ses débuts à lui, mais les miens). 
Je pensais que le titre résumait le sujet de ce diptyque alors qu'il n'en est qu'un aspect. C'est une histoire de famille plutôt, au sens large. Un couple ne pouvant avoir d'enfants adopte une jeune péruvienne de trois ans, rescapée d'un accident qui a fait des centaines de victimes. Le grand-père fait un peu son ronchon mais il se laisse finalement touchée par sa nouvelle petite-fille. Sauf que...


Difficile de vraiment parler de cette BD sans trop en dévoiler et je ne veux surtout pas dévoiler ce qui se passe, parce que la surprise a été un facteur essentiel dans mon plaisir de lecture. Disons que j'ai tout aimé de cette BD, les quelques bons sentiments qui heureusement, permettent de supporter le reste parce qu'au final, contrairement à ce que les dessins le laissent supposer, c'est bien noir. J'ai été émue par les liens familiaux, par l'amitié masculine des trois Gégés, ces trois retraités qui s'épaulent. Ce sont surtout les personnages d'hommes qui sont importants ici sauf une femme et j'ai aimé que les auteurs évitent les clichés : c'est la politicienne (de l'opposition quand-même) qui fait preuve de la plus profonde tolérance et sagesse. J'ai versé ma petite larme mais j'ai aussi vraiment ri. Alors, comme tous les autres, je vous conseille fortement cette BD en deux volumes. 

Le premier tome fut publié en mai 2016 chez Bamboo. 

Merci à Hélène à qui je l'ai offert et qui me l'a prêté et à MokaJérôme et Noukette qui, les premiers, ont su me donner envie

A conseiller à ceux qui veulent réfléchir un peu sur les dangers de l'adoption à l'étranger.

vendredi 11 mai 2018

Ceux qui restent de Josep Busquet (texte) et Axel Xöul (dessin)

Ben disparaît un jour de sa chambre, ne laissant aucun indice derrière lui. Les médias s'intéressent à son cas, les parents sont entendus, plaints mais aussi, comme toujours, soupçonnés. Quelques mois plus tard, Ben réapparaît, persuadé de n'être parti que quelques jours. Il raconte les combats qu'il a dû mener contre les monstres, il est clair qu'il ne rêve qu'à un prochain départ. Deux membres de l'AEP prennent contact avec ses parents. Eux le savent, Ben va à nouveau disparaître et quand ce moment viendra, il faudra que les parents soient bien entourés. 
Moi qui n'aime pas le fantastique en littérature, cet aspect ne m'a pas dérangée. Parce que sous couvert d'une histoire invraisemblable, les auteurs abordent deux grands thèmes réalistes : le sort qui est fait aux parents de jeunes disparus et le syndrome de Peter Pan, cette envie de ne pas grandir qui dévore, il me semble que c'est le terme approprié, certaines personnes. Et le scénario est sur ce point réussi. Ce qui m'a dérangée, c'est la faiblesse des dialogues. Tentez de les lire à voir haute, parfois, ça sonne vraiment faux. C'est malgré tout une BD que je recommande et si j'ai été un peu frustrée, c'est parce que justement, le scénario est réussi. Les dessins correspondent très bien au thème. 

Publié le 21 mars chez Delcourt. 128 pages.

A conseiller aux ados et à leurs parents.
Merci aux explorateurs du polar de Lecteurs.com

mardi 27 mars 2018

Ar-men d'Emmanuel Lepage (BD)

Germain vit dans un phare, dans les mers bretonnes, près de l'île de Sein. Il découvre sur les murs, gravée sous une couche de peinture, l'histoire de ce phare, celle de ses origines et de sa construction. C'est cette histoire, mêlée à la vie du phare du temps de Germain, dans les années 1960, ainsi que les légendes du coin que nous retrouvons dans cette BD.

J'avais déjà lu deux BD d'Emmanuel Lepage avec des ressentis différents. La première fois, j'avais tellement été époustouflée par la qualité du dessin que cela avait primé sur l'histoire. La deuxième fois, j'avais trouvé ça toujours aussi beau mais je m'étais ennuyée. C'est à nouveau ce que j'ai ressenti cette fois. Ce n'est pas un ennui total, parce qu'on apprend toujours avec Emmanuel Lepage. Mais c'est très didactique et cela se sent. J'ai plutôt aimé les légendes, sans doute aussi parce qu'elles permettent un changement dans la palette des couleurs mais j'ai trouvé certains passages longs. Je n'ai néanmoins aucun regret à avoir ouvert cette BD et je pense même que ce n'est pas la dernière fois que je lis cet auteur. 

Publié chez Futuropolis en novembre 2017. 96 pages. 

Merci à l'opération La bd fait son festival de Price minister

mardi 13 février 2018

Mon traître de Pierre Alary (d'après le roman de Sorj Chalandon)

Dans Mon traître, le premier roman que j'ai lu de Sorj Chalandon et l'un des deux seuls que j'ai vraiment aimés de l'auteur, il nous raconte l'histoire d'un luthier français qui se prend d'amour pour un pays et d'amitié pour un homme, membre de l'IRA, puis est terrassé quand il découvre que cet homme a trahi la cause irlandaise. Histoire à peine romancée de sa propre douleur, l'entendre parler de son roman à cette époque, c'était entendre ses sanglots. Sorj Chalandon a accepté que Pierre Alary adapte son roman à la condition qu'il prenne totalement la main et en fasse ce que bon lui semblait. Le résultat est réussi. On retrouve la douceur et la force de l'amitié, la passion qui entraîne Antoine dans la lutte qu'on peut peut-être qualifier de passive mais qui ne l'est pas, puisqu'il prend des risques mais aussi la sobriété du texte de Chalandon. On sent la détresse face à l'incompréhensible. J'ai beaucoup aimé les dessins. Cette adaptation BD est pour moi une réussite. 

Ce roman ou plutôt la discussion qui suivit la lecture dans le cadre du Prix Elle avait marqué pour moi le début d'un changement, il m'avait rendue moins tranchante dans mes opinions (du genre, la trahison d'un membre de l'IRA n'est pas une trahison puisque ce sont des terroristes). Bref, il y a des rencontres autour de romans qui nous changent vraiment, qui nous adoucissent. 

Publié en Janvier 2018 aux éditions Rue de Sèvres. 142 pages. 

A conseiller à ceux qui ont aimé le roman et à ceux qui ne l'ont pas lu (c'est un coup de poing pour Mo ). 


mercredi 22 novembre 2017

Balzac et la petite tailleuse chinoise de Freddy Nadolny Poustochkine

Ma et Luo sont des adolescents pendant la Révolution culturelle chinoise. Ils sont envoyés dans la campagne pour les guérir de leur "maladie": ils sont considérés comme des intellectuels. Ils y rencontrent la fille du tailleur, elle-même couturière. Après le vol d'un lot de romans européens découvert par hasard, chacun va vivre à sa manière son amour avec la jeune femme, l'un en lui racontant les histoires des romans et en laissant ses sens se libérer, l'autre en s'imaginant une histoire à partir de ses lectures. 

J'ai eu le roman de Dai Sije entre les mains quand l'une de mes classes l'a étudié en cours. Je me souviens l'avoir emprunté à un(e) élève mais je n'ai pas dépassé quelques pages. Lire cette BD m'a donné envie de m'y remettre, parce que j'ai l'impression que tout n'a pas été totalement limpide pour moi dans l'intrigue, ce qui ne m'a pas empêché d'être conquise. J'ai adoré les dessins et l'histoire de ce trio ne m'a pas laissé indifférente. Une BD qui tombe en plus à un moment où mon aiguille ne cesse de travailler (j'ai comme l'impression que ce n'est pas un hasard, ce cadeau m'ayant été offert par l'une des bénéficiaires de mes petits travaux d'octobre), toutes les conditions étaient réunies pour que j'aime. 

Noukette a aimé. 

Merci à  Nathalie pour ce cadeau.
A conseiller aux amoureux de dessins de corps nus (il y en a beaucoup dans cette BD). 

Publié en octobre 2017 aux éditions Futuropolis .
320 p

dimanche 2 juillet 2017

Pierre de Cristal de Franz Duchazeau

Pierre a une dizaine d'années quand à l'école, il entend d'autres élèves dire qu'on a vu sa mère avec un autre homme que son père. Il n'avait pas besoin de ça pour se rendre compte que quelque chose clochait à la maison, les gestes tendres entre ses parents étant inexistants. Dans une angoisse du temps qui passe trop vite, il ne cesse de prendre des photos de ceux qui l'entourent, et de ses parents en premier lieu. 

Cette BD est la BD de la nostalgie de l'enfance par excellence. On ressent à la fois l'ennui inhérent aux vacances chez les grands-parents et le plaisir de partager du temps avec la cousine, les liens fraternels et ces liens complexes qui unissent les enfants à leurs parents. Et il y a cet épisode très bien vu de ces objets talismans dont les adultes ne comprennent pas l'importance dans la vie des enfants. 

C'est doux amer, ça pique un peu sous la langue, tout en finesse. Je vous la conseille. 

Publié le 6 mai 2017 chez Casterman (collection Ecritures).

Merci à Babelio.
A conseiller aux nostalgiques de leur enfance ou au contraire, à ceux, comme moi, qui ne le sont pas du tout, surtout si vous avez grandi dans la période Casimir. 




mardi 1 novembre 2016

Louise Michel, la vierge rouge de Mary M Talbot et Bryan Talbot (BD)

Quand Charlotte Perkins Gilman arrive à Paris le 22 janvier 1905, il y a du monde dans les rues: on enterre Louise Michel. Entre cette américaine féministe et Monique, la française qui l'accueille en France, s'engage une suite de conversations dont Louise Michel est le sujet, offrant ainsi un aperçu de la vie de la révolutionnaire. D'elle, je connaissais bien sûr son action lors de la Commune de Paris mais rien d'autre. On découvre une vraie rebelle, de celles qui n'ont pas d'autres choix car telle est leur nature. mais je ne savais pas qu'elle avait été envoyée en Nouvelle-Calédonie où elle se passionna pour la vie des indigènes dont elle se sentit vite proche, ce qui évidemment ne fut pas bien vu. Cette BD est aussi l'occasion de réflexions autour des romans d'anticipation dont Charlotte Perkins Gilman et semble-t'il Louise Michel étaient friandes. C'est un beau portrait de femme forte et c'est très didactique. Si vous savez déjà tout de Louise Michel, ce n'est probablement pas pour vous mais si ce n'est pas le cas, vous prendrez  du plaisir à suivre le destin exceptionnel de cette femme. Le dessin classique m'a plu et j'ai aimé ces touches de rouge ici et là. 

Publié par La libraire Vuibert en septembre 2016. 145 p. 

Merci à la librairie Dialogues
A conseiller aux amateurs de femmes fortes. 


Moi par (six) mois

En juillet, je publiais ici le résumé des six premiers mois de mon année. Il fallait bien une suite, la voici donc. Une suite, mais aussi ...