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mardi 19 septembre 2017

La chambre des époux d'Eric Reinhardt

C'est ainsi qu'ils avaient toujours entendu leur couple et c'est ainsi qu'à mon avis, on peut entendre l'amour, comme une alliance, une équipée, une agrégation de désirs et d'ambitions, d'énergie et de puissance, pour faire front ensemble contre tout ce que la vie peut nous opposer de dur et d'escarpé, d'intimidant, mais aussi pour jouir ensemble des douceurs du chemin. 

Notre narrateur nous embarque dans un récit qu'il est difficile de résumer. Disons, pour faire court, qu'il revient à la fois sur le cancer de sa femme Mathilde et la période de rémission et sur sa rencontre avec une miraculée à qui on avait prédit une mort à court terme. Eric (auteur de Cendrillon et de L'amour des forêts, difficile de ne pas comprendre très vite que nous sommes dans de l'autofiction) fait un transfert et éprouve un désir fou pour cette femme qu'il côtoie le temps d'une soirée. A cela se mêle le roman que l'auteur/narrateur aurait pu inventer à partir de ce désir, en le romançant. Or, s'il nous raconte l'histoire de ce roman, il n'écrit pas le roman. Je vous ai perdu en route? Ça ne m'étonne pas.

C'est le premier roman d'Eric Reinhardt que je lis. J'ai toujours eu envie de découvrir la plume de l'auteur, tout en repoussant le moment, autofiction oblige. Il m'a beaucoup agacé, ce roman! Parce que Reinhardt s’apitoie sur son sort quand ce sont les femmes qui ont souffert mais en même temps, je reconnais à ceux qui accompagnent  les malades le droit de parler de cette souffrance, de leurs peurs, même si c'est maladroit. Il m'a agacé aussi par cet aspect de roman non abouti, à dessein mais là encore, j'accorde à l'auteur le droit de jouer avec les formes, je dire "et si j'avais écrit cette histoire". Il m'a agacé et pourtant, parfois, j'ai été touchée. Nicolas, le personnage qu'il invente, a un rapport avec la sexualité de cette femme qu'il rencontre et va aimer très vite mais très fort qui m'a à la fois prouvé qu'il aimait donner du plaisir aux femmes mais aussi, que le centre de ce qui le fait alors "fonctionner" à ce moment-là se situe clairement en dessous de la ceinture. Je n'ai pas été d'accord avec de nombreuses phrases, comme celle que je cite en introduction de ce billet. Bref, ce fut une lecture pleine de sensations paradoxales.  Si vous me demandez si j'ai aimé ce roman, je suppose que je ne dirais pas oui. Mais je ne suis pas certaine de ne pas avoir envie de retrouver l'auteur plus tard.

Sortie: le 17 août 2017 chez Gallimard. C'est un très beau roman pour Papillon.

Merci à Babelio
A conseiller à ceux que ni l'autofiction, ni le mélange des genres ne rebutent. 


mardi 29 août 2017

Les complicités involontaires de Nathalie Bauer

.... si la fin d'une union est synonyme d'échec, elle ne l'était pas pour moi: la liberté à laquelle j'aspirais avait un goût de reconquête...

Corinne est psychiatre. Quand arrive dans son cabinet l'une des ses anciennes amies, Zoé, elle pense immédiatement la diriger vers un confrère mais Zoé lui avoue souffrir d'amnésie suite à la prise d'un médicament et Corinne ne peut s'empêcher de laisser libre cours à sa curiosité. Elle commence donc son analyse. Très vite, Zoé, qui écrit des polars, lui donne des mémos sur sa famille, sentant qu'un secret de famille pèse sur elle. 

Ce roman est divisé en trois périodes différentes. Le moment de l'analyse, le temps de l'amitié entre les deux filles et les mémos de Zoé qui concernent sa famille autour de la seconde guerre mondiale. C'est très nettement la période du présent de la narratrice qui m'a le plus intéressée parce qu'il y a à la fois une tension entre l'analysante et l'analysée qui ressemble parfois au jeu du chat et de la souris mais aussi parce que l'arrivée de Zoé dans la vie de Corinne, ou plutôt dans son cabinet, fait non seulement resurgir des souvenirs mais modifie le cours de sa vie. Le passé de la famille de Zoé ne m'a pas vraiment intéressée. C'est le lien entre les deux femmes et la manière dont on vit les événements et dont on est ensuite capable de les analyser grâce à la distance que permet le passage du temps qui sont, à mon avis, les thèmes les mieux traités. 

Publié le 24 août 2017 chez Philippe Rey. 285 p. L'avis d'Antigone

Merci aux éditions Philippe Rey et à l'agence Anne et Arnaud. 
A conseiller aux nostalgiques des amitiés d'enfance, dont je ne fais pas partie. 

Moi par (six) mois

En juillet, je publiais ici le résumé des six premiers mois de mon année. Il fallait bien une suite, la voici donc. Une suite, mais aussi ...