jeudi 25 août 2016

The Girls d'Emma Cline

La mort accordait une importance exagérée aux choses les plus insignifiantes, sa lumière trouble transformait tout en indices. 

Evie Boyd, quatorze ans, s'ennuie ferme pendant ses vacances. Sa relation amicale avec une autre jeune ado ne la satisfait plus et elle a envie qu'un événement vienne enfin bouleverser sa vie. C'est alors qu'elle croise une jeune fille qui attire son regard, Suzanne. Evie comprend très vite que Suzanne, qui est plus âgée qu'elle, vit en marge de la société, dans un groupe qui ressemble à un groupe hippy. Nous sommes à la fin des années 60, ils ne sont pas les seuls. La différence ici, c'est sans doute la fascination que semblent éprouver toutes ces filles pour l'homme qui les tient sous sa coupe, Russell. Ce n'est pas sous la coupe de Russell que tombe Evie mais sous celle de Suzanne. Plus le temps passe, plus elle sent qu'elle se brûle les ailes mais elle vit enfin.

On a beaucoup parlé de ce roman avant sa sortie parce qu'Emma Cline, qui signe ici son premier roman, a touché un à-valoir très important chez son éditeur américain et les droits de ce roman ont déjà été achetés par un producteur. L'éditrice des éditions Quai Voltaire avoue que sa première offre ayant été jugée insuffisante, elle a dû enchérir pour obtenir Emma Cline chez elle. Mais me direz-vous, ce roman vaut-il tout cet argent? Ce n'est certainement pas à moi de le dire mais c'est un premier roman réussi, à n'en pas douter, dont l'intérêt est de rendre clairement compte du processus qui mène une jeune fille ordinaire à passer dans le camp d'assassins (je ne dévoile pas grand chose, à moins que vous ne connaissiez pas l'histoire de Charles Manson et de Sharon Tate, ce dont je doute tout de même). Ce n'est pas l'acte final qui importe ici, c'est tout ce qui précède et on comprend très bien comment tout ce petit monde en arrive là. Le roman est tout de même assez différent de ce que je connais de l'histoire des meurtres de Charles Manson, qui fut condamné pour des meurtres qu'il avait commandités mais pas perpétués, car Emma Cline a le bon goût d'éviter toute référence au satanisme. 

Sortie le 25 août au Quai Voltaire. Traduit par l'excellent Jean Esch. 330 p. 

Merci à l'agence Anne et Arnaud.
A conseiller à tous ceux qui aiment les romans d'apprentissage pas gnangnans du tout. 

35 commentaires:

  1. entre ton avis et celui de Keisha il me tente de plus en plus!

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    1. Tu m'en vois ravie (et petite info, j'ai appris il y a deux jours qu'il est dans ma présélection du Prix Elle, ce qui ne me surprend pas).

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  2. Keisha publie aussi une note sur ce titre aujourd'hui ... je n'en avais jamais entendu parler ... Vous semblez convaincue toutes les deux. Je note mais, je me connais, j'arriverai à en parler quand tout le monde l'aura chroniqué et peut-être oublié ?

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    1. Et c'est très bien aussi, j'aime bien les piqûres de rappel quand la vague de la sortie d'un roman que j'avais noté est passée.

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  3. Deux livres sur le même sujet pour cette rentrée littéraire (Simon Liberati pour "California Girls"). Tu as l'intention de lire le Liberati ? (ça doit être intéressant de voir comment deux auteurs s'emparent d'un même sujet et le fictionne.

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    1. Ce n'est pas si rare que ça deux livres sur le même thème lors des rentrée littéraires, j'ai l'impression. Je pense que ce qu'en a fait Liberatti est très différent et je ne suis pas tentée de découvrir ce qu'il en a fait. Emma Cline a travaillé autour du thème mais ce n'est pas totalement fidèle aux faits.

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  4. Saisissant ! J'ai beaucoup aimé ce roman, j'en parle demain ;-)

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    1. Je pense que l'auteure a très bien capturé cet ennui adolescent qui dévie.

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  5. Je suis intriguée par le sujet et son développement... Je vais peut-être me laisser tenter!

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  6. Oui, heureusement ce n'est pas exactement pareil que la vraie histoire (et j'ai découvert en me renseignant - après- que certains coupables sont encore vivants! (en prison, OK)

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    1. Dont Charles Manson d'ailleurs. Oui, j'ai fait quelques recherches de mon côté, notamment sur Suzanne.

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  7. Je pense que ça peut me plaire mais comme Athalie je laisserai d'abord passer la vague de la rentrée, j'ai toujours 10 trains de retard :)

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    1. C'est pas mal d'attendre un peu et de voir ce qui nous attire vraiment parmi toutes les nouveautés.

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  8. J'ai noté ce titre suite à une critique très élogieuse dans un magazine littéraire et j'attendais d'autres avis... le tien est en tout cas convaincant. J'ai cru comprendre que le dernier roman de Simon Liberati traitait du même événement, côté "filles" lui aussi..

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    1. Ce roman est effectivement très tourné vers les filles, ce qui les poussent, ce qu'elles ressentent et Emma Cline est visiblement très à l'aise avec le sujet.

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  9. Il est sur ma PAL et je sens que ce sera une lecture intéressante

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  10. Pas gnangan, c'est un argument qui compte beaucoup ça ! Il m'attend, son tour viendra.

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    1. Ce sera intéressant d'avoir un avis masculin sur ce roman (d'autant plus si c'est le tien)

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  11. Le sujet me tente, même si la polémique autour du prix me refroidirait plutôt.

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    1. Ce n'est pas une polémique, plus un fait.

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  12. Je l'ai dans ma PAL également...

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  13. Depuis sa sortie, il m'intrigue mais je n'arrive pas à me décider s'il doit faire partie des mes quelques achats de la rentrée littéraire. Ton avis tout en mesure est donc bienvenue :-). Je penche pour le oui !

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    1. Je te comprends, mes choix sont aussi cornéliens en ce moment.

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  14. "The Girls", d'Emma Cline, traduit de l'américain par Jean Esch, vient de recevoir le Prix Transfuge du meilleur roman américain

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    1. C'est une bonne nouvelle. C'est le seul roman américain que j'ai lu en cette rentrée.

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  15. J'ai adoré ce bouquin ! quelle maîtrise

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    1. C'est vrai qu'elle maîtrise le sujet et l'écriture.

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  16. Je pense qu'il me plaira, et il m'attend !

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  17. Emma Cline en rencontre à Paris le 23 septembre prochain

    http://www.librairie-gallimard.com

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  18. Sur ce roman, on est d'accord! 😉 J'ai aussi beaucoup aimé !

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    1. Ah c'est bien de voir que des avis divergent et d'autres se rejoignent. ;-)

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