dimanche 14 août 2016

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit de Celeste Ng

Lydia Lee disparaît une nuit de sa chambre sans que ses parents aient la moindre idée de l'endroit où elle a pu aller. A-t-elle été kidnappée comme semble le penser sa mère ou est-elle partie de son plein gré, comme le pense la police? C'est ce que le lecteur va découvrir au cours de cette lecture. Il va surtout découvrir comment cette famille, dont le père d'origine chinoise est devenu prof de fac mais a dû laisser quelques ambitions en route et dont la mère américaine en a, elle, laissé beaucoup, a pu en arriver là. 
Les romans de chez Sonatine ne sont pas des polars classiques, on le sait maintenant. Celui-ci est un polar parce qu'il traite d'une disparition mais les thèmes principaux sont le poids des ambitions parentales sur les enfants et la difficulté d'assimilation pour les asiatiques et leurs descendants. Le père a souhaité de tout son coeur se fondre dans la masse et n'y est pas parvenu. Comme tout parent, il a donc voulu que ses enfants réussissent là où il n'avait pas totalement réussi et son but sera plus que tout de faire de ses enfants des personnes qui savent se faire apprécier des autres. Pour la mère qui a dû tirer un trait sur ses ambitions scientifiques, c'est de pousser sa fille vers le haut qui va compter plus que tout, quitte à laisser sur la touche les autres enfants. Car ce qui compte et ce qui m'a touchée dans ce roman, ce n'est pas tant le sort de Lydia que celui des deux autres membres de la fratrie, le frère qui rêve d'aller dans l'espace, qui met les moyens à la hauteur de ses ambitions mais qu'on ne félicite jamais et la petite dernière qui quémande l'attention et les gestes comme un petit chien. J'ai pris plaisir à lire ce roman, mais j'ai été un peu déçue parce que j'en attendais beaucoup. C'est le jeu avec ces romans que nous ne sommes pas les premiers à découvrir et dont la ferveur de la première vague de lecteurs ne nous atteint pas totalement et je l'accepte volontiers. C'est surtout la fin dont je ne révélerait rien bien sûr qui n'est pour moi, pas à la hauteur du reste. Mais pour un premier roman, c'est une réussite. 

Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau. Publié en mars 2016 chez Sonatine.

Merci à celles qui m'ont donné envie de lire ce roman (elles sont citées ci-dessous).
A conseiller à celles qui aiment les romans sur l'intégration mais qui souhaitent un autre contexte que celui des afro-américains. 

Sylire et Eva ont adoré. C'est un très belle découverte pour Laure, c'est superbe pour Clara, Kathel n'est pas d'accord avec moi sur la fin. Sandrine est moins enthousiaste. 

26 commentaires:

  1. Tu as raison de le conseiller à ceux qui s'intéressent au thème de l'intégration !
    ça a été une belle lecture pour moi.

    RépondreSupprimer
  2. C'est vraiment l'aspect que j'ai préféré dans ce roman.

    RépondreSupprimer
  3. Cela-là, j'attends sa sortie en poche. Mon budget livre commence à être limité!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On se comprend, c'est le cas aussi de mon côté pour certains romans.

      Supprimer
  4. Je n'en attendais pas trop et il m'a bien plu (y compris la fin :) ), malgré certains aspects à mon sens trop appuyés .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, ça ne fait pas toujours dans la dentelle mais on lui pardonne facilement parce que c'est son premier roman et qu'on veut souvent en faire un peu trop en l'écrivant.

      Supprimer
  5. Je l'ai forcément repéré sur les blogs, mais je note de ne pas en attendre trop ...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il faudrait toujours le noter mais je ne suis pas assez sage pour le faire.

      Supprimer
  6. Etre à la hauteur de ses propres rêves n'est déjà pas facile, alors réaliser ceux de ses parents...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Qui sont en plus souvent contradictoires...

      Supprimer
  7. contente que tu l'aies quand même aimé :) comme tu le dis très bien, c'est toujours compliqué de lire un livre qui a suscité un grand enthousiasme, la barre est haute et on peut donc être facilement déçu...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui, je ne regrette pas du tout cette lecture!

      Supprimer
  8. J'hésite encore et toujours à la lire. Disons que j'attends le suivant qui sera meilleur sans aucun doute.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est une manière intéressante de faire des choix. ;-)

      Supprimer
  9. Moi ça ne me tente pas. Sans regret donc!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pourtant, j'aurais pensé que le thème aurait pu te plaire.

      Supprimer
  10. Je suis contente que tu l'aies aimé (même avec un bémol). Une jeune auteure à suivre !

    RépondreSupprimer
  11. Je ne me suis pas encore laissée emporter par la vague d'enthousiasme. Si je le trouve à la médiathèque, je finirai peut être par me laisser tenter.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je me laisse de moins en moins emporter par ces vagues, mais là tout me tentait, les avis, la maison d'édition et le thème.

      Supprimer
  12. Ohlala il est sur ma LAL depuis sa sortie, il faut que je me sorte de Proust pour pouvoir enfin revenir à mes PAL et LAL !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est qu'il nous prend du temps de lecture, ce Proust!

      Supprimer
  13. Je crois que j'avais un peu trop d'attentes face à ce roman, j'ai été un peu déçue surtout par le rythme très lent...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je crois que nous serons un certain nombre à être un peu déçues dans la "deuxième vague" de lecture.

      Supprimer
  14. C'est vrai, c'est toujours le risque d'être dans la 2e vague de lecture, et d'avoir entendu beaucoup de bien d'un livre. Pas de chance avec tes dernières lectures dis moi ...

    RépondreSupprimer
  15. J'ai beaucoup aimé ! Il faut que je prenne le temps d'en parler enfin...!

    RépondreSupprimer

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh/ La vie d'Adéle d' Abdellatif Kechiche

J'ai lu Le bleu est une couleur chaude à sa sortie. J'ai attendu que ma fille me parle de La vie d'Adèle , en début de mois,...