samedi 26 août 2017

120 battements par minute de Robin Campillo

Comme trois autres participants, Nathan est nouveau dans cette réunion d'Act Up qui débute en même temps que le film. Il est séroneg, un chanceux donc. De nombreux autres sont atteints du virus du SIDA. Nous sommes au début des années 90, Act up est encore une organisation qui se cherche et dont les membres sont divisés sur les actions à mener. Nathan tombe vite sous le charme de Sean , qui se bat contre la maladie mais aussi contre les autorités et les laboratoires. 

J'ai envie de vous parler de l'émotion que j'ai ressentie en regardant ce film. De cette envie de rire d'abord, très présente pendant la première moitié du film, ce à quoi je ne m'attendais pas, et même dans une scène finale où l'on rit, des sanglots encore dans le ventre. De cette envie de pleurer aussi, c'est vrai, pas avec des larmes qui se contentent de couler au coin de l’œil, non, celles qui suivent le parcours du sanglot, dont on a parfaitement senti qu'elles prenaient leur source dans le ventre. Cette émotion, elle est due indéniablement au contexte, à ceux qui sont morts quand on avait à peine conscience qu'ils existaient (j'exagère mais finalement, si peu) parce que les médias n'en parlaient pas mais aussi au talent des acteurs (pour moi, la palme va à Arnaud Vallois, magnifique Nathan aux petits soins avec celui qui est condamné et dont le regard respire l'amour) et du réalisateur qui a choisi de rappeler les faits mais aussi, dans le détail mais sans lourdeur, les conduites à risque, alternant les moments légers et graves et qui nous rappelle qu'on a laissé ces jeunes personnes, homos ou pas, transfusés, prostitués, prisonniers, mourir. J'ai beaucoup aimé les scènes d'amour physique entre les deux hommes, que je trouve esthétiquement très belles (d'ailleurs les deux corps masculins sont parfaits dans leurs embrassements amoureux)  et qui ne devraient pas trop choquer les gens un peu pudiques et c'est très bien car il faut que ce film soit vu par le plus grand nombre. Romain Campillon, qui réalisa Les Revenants, connait très bien son sujet, il fut lui-même membre d'Act Up. J'ai aussi beaucoup aimé suivre l'évolution de la Gay Pride. 
Je regrette que la salle ait été presque exclusivement féminine. Evidemment, je ne peux que vous conseiller d'avoir un kleenex sous la main (même la femme près de moi qui a passé le tout début de la séance le nez sur son portable a fini par le lâcher et s'est, à la fin, agrippée à son kleenex). Si vous allez le voir, vous me direz ce que vous pensez de la sortie de séance, qui s'effectuera sans doute comme lors de la mienne pendant la seconde moitié du générique. J'ai trouvé que c'était une expérience particulière. J'y suis allée seule, ce qui peut me frustrer selon les films. Cette fois, je n'avais absolument pas envie de parler en sortant de cette séance. 

Grand Prix du Festival de Cannes 2017. Ce film est aussi l'occasion de réécouter du Bronski Beat. 
Sortie : le 23 août 2017- 2 h 20. Avec entre autre: Nahuel Perez BiscayartArnaud ValoisAdèle Haenel, tous les trois très bons.

A conseiller à tous. 
Merci au département de l'Eure pour cette semaine annuelle de séances à 4 euros. 



                                                                             
Mon plus grand coup de cinéma de 2017. 

15 commentaires:

  1. Je vais y aller sans doute la semaine prochaine ; je te dirai pour la sortie, mais j'apprécie souvent d'être seule au cinéma, je me concentre mieux sur ce que je ressens. J'aime bien en discuter aussi, mais plus tard.

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    1. IL faut du temps pour s'habituer à (re)faire seule des activités qu'on a très longtemps fait à deux mais le plaisir revient, c'est vrai.

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  2. Fin de séance dans un grand silence jusqu'à la fin du générique, sortie également silencieuse, des yeux rouges et les discussions difficiles à enchaîner après ce choc émotionnel et cinématographique.

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    1. Pareil lors de ma séance, avec une sortie par tous petits groupes, voire seul pour des gens comme moi, un peu comme lorsque l'on passe chacun son tour devant un cercueil. Pas glauque, mais très fort.

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    2. Je l'ai vécu ainsi aussi, je crois que le générique sans musique y était pour beaucoup, le réalisateur fut un maestro, tout a été pensé. Film magnifique, que j'ai vu avec mon fils de 19 ans. Sans aucun problème ni gêne.

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    3. Oui, c'est une merveille et c'est très bien que des jeunes hommes le voient.

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  3. Je compte bien y aller, il passe fin septembre dans mon petit cinéma de campagne... je vais très souvent au cinéma seule et j'apprécie de ne pas parler des films en sortant de la salle.

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    1. IL y a des films dont j'ai très envie de débattre et alors, sortir seule du cinéma me fruste, ce fut le cas avec le dernier Ozon.

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  4. Whaouh, tu me donnes vraiment vraiment envie... c'était déjà le cas mais là, tu enfonces carrément le clou.

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    1. Tant mieux, ce film le mérite amplement.

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  5. Et bien et bien tu me tentes là !

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  6. Je vais y aller samedi dans un petit ciné de Strasbourg, j'emporterai donc un paquet de mouchoirs...

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  7. C'est fou ... Tous ceux qui l'on vu évoque la fin du film, lorsque les lumières se rallume, le silence, les gens qui mettent du temps à partir, l'émotion palpable. Ce n'est pas un film comme les autres.

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