dimanche 6 août 2017

[parenthèse] Le cinéma et moi

Du cinéma, je n'ai longtemps connu que les films comiques car c'étaient les films qu'on choisissait pour moi. Ce ne fut, pendant très longtemps, qu'une longue série de Louis de Funès et de Fernandel, entre autre. J'en ai sans doute gardé un dégoût des films réalisés exprès pour faire rire (mes enfants savent qu'il ne faut pas compter sur moi pour ce genre de films). Je préfère sourire ou rire quand je ne m'y attends pas. Ensuite, j'ai découvert les films forts du mardi soir dans les Dossiers de l'écran, et ce générique qui, encore maintenant, me donne presque la chair de poule.


Seule, je me suis adonnée aux séances tardives à thèmes du vendredi soir sur France 2 et du dimanche soir sur France 3, un grand moment de volupté, ce tête-à-tête avec le cinéma, parfois en noir et blanc, souvent en anglais; je me demande si mon amour de la langue anglaise ne date pas de là. Je crois que c'est lors d'un cycle de France 3 dédié à  Hitchcock que je l'ai découvert et j'ai tout dévoré de lui, goulûment. J'ai revu l'un de mes préférés, Pas de printemps pour Marnie et j'ai trouvé que ça avait très mal vieilli. 

                                         

Comme pour les chansons qui ont marqué ma vie, cette liste non exhaustive ne serait pas honnête si j'omettais le premier film vu en boucle, dont je ne suis pas fière mais je me rassure en me disant que je peux donner de nombreux noms de jeunes filles qui ont fait comme moi, de générations bien différentes. Quand je l'ai regardé avec ma fille, j'ai trouvé ça terriblement kitsch, Patrick Swayze sans aucun charme mais ma fille a beaucoup aimé et l'a revu depuis. Mais je peux avouer que revoir cette scène me donne toujours le sourire:

                                          

Mon premier choc de cinéma fut Les nuits Fauves de Cyril Collard, vue seule la première fois après avoir découvert Cyril Collard sur le plateau d'une émission de télévision ; je me souviens de l'émotion, d'un Paris que je ne connaissais pas, d'une urgence de vivre aussi.  Cyril Collard, réalisateur, acteur, auteur du roman dont le film était tiré, chanteur dans la BO, avait tout supervisé. Il nous avait déjà quittés quand les Césars le couronnèrent. Moi, j'avais alors vu le film cinq fois au cinéma avec à chaque fois, la même émotion. Je me passais la BO en boucle, je me suis jetée sur ses livres. Plus jamais le cinéma ne me donnerait une si grande claque, ne ferait basculer à ce point ma vie bien rangée. J'ai tenté d'y retrouver l'émotion il y a quelques années mais ce fut peine perdue. Certains films ne résistent pas au temps ou peut-être ne peut-on les apprécier qu'à un moment précis de notre vie. 

                                                     
                                      

Mes deux films cultes, ceux qui ont traversé les années, je les ai découvert sur CANAL +, sans que je ne parvienne tout à fait à expliquer pourquoi je les aime tant si ce n'est qu'ils me troublent: le premier est Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick et croyez-moi, j'aurais préféré que Tom Cruise ne joue pas dans l'un de mes films cultes mais ça reste un acteur doué même si c'est Nicole Kidman que je préfère dans ce film; elle incarne ici la sensualité féminine et puis, je suis fascinée par l'étrange scène des masques et la musique qui accompagne cette scène n'y est pas pour rien: 

                                              


Mon autre film culte est Mulholland Drive de David Lynch avec ma scène préférée de baiser de cinéma (celui entre Naomi Watts et Laura Harring) et ce besoin de le revoir pour le comprendre:  

                                             

Je navigue toujours entre les genres, les deux derniers films vus le prouvent: Eté 93 de Carla Simon Pipo, réalisatrice espagnole, dans lequel deux très jeunes actrices excellent et Baby Driver d'Edgard Wright, avec des poursuites en voitures qui ressemblent à des chorégraphies (et croyez-moi, je ne vais pas voir les films pour les poursuites en voiture), une bande-son parfaite et de l'humour comme j'aime, un mélange d'hommage aux films de genre, de clichés choisis à dessein et de parodie (Kevin Spacey faisait du Kevin Spacey mais incapable de résister à un couple d'amoureux parce qu'il a lui aussi "aimé une fois" m'a fait sourire). Un conseil, en sortant, prévoyez une bande-son à la hauteur, vous aurez envie de mettre le son à fond. Et je parierais que vous sortirez de cette séance avec un grand sourire, même si c'est sans doute le genre de film qu'on oublie très vite. 

           
                                      

14 commentaires:

  1. Les comédies et les westerns, voilà le cinéma de mon enfance, sans oublier "Bambi", les premières larmes, et "Fantasia", les premières émotions musicales. Ensuite... j'aurais bien du mal à résumer comme tu le fais, trop de titres se bousculent, les Bergman et les Truffaut, "Devine qui vient dîner", "Lawrence d'Arabie", Hitchcock, "Orange mécanique" qui m'a secouée (première violence gratuite à l'écran), "Gandhi", "Out of Africa", James Ivory, Woody Allen... dans un grand désordre, comme tu vois.

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    1. Mon premier Disney, ce fut Pinocchio, j'ai été traumatisée par cette impression d'être engloutie dans le ventre de la baleine. C'est d'ailleurs mon tout premier souvenir de cinéma.
      Tu sais, pour moi non plus, ce n'est pas exhaustif mais c'est l'essence de mon cinéma, ce qu'il resterait si on ne gardait que la moelle.

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  2. Oh mince alors, tu sais que je n'ai vu aucun de ces films? Euh à part Dirty Dancing qui bien sûr a fait battre mon petit coeur d'adolescente!

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    1. C'est normal pour le Collard, il est spécifique à une génération. Je te conseille quand-même mes deux films cultes. ;-)

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  3. Très sympa ton billet !
    De mon côté, je ne peux pas dire que je sois une cinéphile (à cause des livres qui ont un peu envahis mes loisirs). Mais j'essaye de diversifier un peu plus, ces derniers temps.

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    1. Je ne le suis pas non plus et je vais t'avouer que souvent, ceux que je connais qui se prétendent cinéphiles ne regardent qu'un genre de cinéma.

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  4. Bon, ben ça commençait bine, c'est après que ça s'est gâté. Warf, je rigole. Moi aussi petit c'était De funès et Pierre Richard. Idem aussi pour Sir Alfred . Par contre les nuits fauves, par principe je n'ai jamais quitté une salle de cinéma avant la fin d'un film mais là j'ai vraiment failli ! J'adorais les films de Lynch pour l'univers, la musique, les couleurs ...sans jamais rien y capter (sauf Sailor et Lula, génial aussi et accessible). si tu penses avoir compris un fil de Lynch , bravo, mais c'est inquiétant quand même (pense à regarder s'il y a des psy dans ta région... :D :D ) Après, c'est le cinéma britannique art et essai en VO que j'ai adoré, Almodovar aussi... je suis passé à côté de Dirty Dancing, qui est cultissime mais plus un film de fille je pense.
    J'aime bien ces articles...j'espère que tu vas nous faire aussi les livres, les tableaux, les lieux...les positions du Kamasutra.... :D

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  5. Je pense effectivement avoir un peu compris ce film mais parce que j'ai regardé un documentaire juste après avoir vu le film (merci Canal + qui avait eu cette bonne idée). Mais mes deux films cultes dévoilent effectivement des aspects inquiétants de ma personnalité (cf la scène des masques dans EWS). ;-)
    Dirty Dancing ne peut être aimé que par les filles! C'est le fantasme de Cendrillon: être la reine du bal et trouver le Prince Charmant dans la même soirée.
    Je note tes idées car je pense continuer la série. Le prochain sera sans doute un thème que tu n'as pas cité, puis je reprends les tiens dans l'ordre. Et c'est dommage car je pense que l'été va se finir juste avant que je puisse reprendre l'idée du classement du kamasutra. Zut, alors!

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    1. Tu n'as jamais entendu parler de l'été indien et du réchauffement climatique ? Et ne me dis pas que la Normandie...
      Tu m'éclaires sur Dirty Dancing, film culte aussi pour La Douce !
      Je me répète, mais j'aime cette série d'articles, vivement le prochain !

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    2. Tu ne connais pas ma Normandie en été, cher Mind The Gap. Figure-toi que nous sommes en ce mois d'août en dessous des normales de saison (après un très beau mois de juin et demi-mois de juillet)! Me voilà obligée de partir quelques jours à Rome pour engranger des jours de soleil sans aucun nuage.
      Merci pour tes encouragements sur ces billets. Je m'y dévoilerai donc encore un peu avant de rentrer dans ma coquille d'automne. ;-)

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  6. C'est toujours très intéressant tes parenthèses, même si cela me fait le même effet que celle dédiée à la musique : je me demande comment tu réussis à nous faire une liste. Du coup, j'ai pris quelques jours pour y réfléchir, même après réflexion dur dur ! Je me souviens très bien des Oiseaux de Hitchcock et des comédies. Au lycée nous étions allé voir Le cercle des poètes disparus, puis très marquée par les Nuits fauves aussi. Complètement traumatisée par 37,2 le matin. Dirty Dancing, j'adore mais toujours :) je n'ai pas du évoluer depuis. Mais j'adore Patrick Swayze dans Point break. Parmi mes films cultes : True romance de Tony Scott écrit par Tarantino, Sailor et Lula de Lynch mais je me suis arrêtée là avec Lynch, les films de Besson avec évidemment les B.O. d'Eric Serra, Braveheart de Mel Gibson, American Beauty, La dernière marche de Tim Robbins (une claque) et les films de Clint Eastwood.... Bref, même en y réfléchissant impossible de faire des listes tellement il y en a, en plus je ne suis pas cinéphile du tout.

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    1. Tu sais, moi aussi, j'en oublie mais je trouve que c'est aussi l'intérêt: ce auxquels je ne pense pas sont sans doute moins importants que les autres. Par exemple, Le cercle des poètes disparus m'a aussi marquée (je me souviens d'un débat avec l'une de mes profs de fac qui ne comprenait pas son succès) mais pas sur le long terme. Et quand je l'ai revu avec ma fille, elle l'a aimé plus que moi.

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  7. je t'ai lue avec intérêt parce que je suis nulle en cinéma, dans tous les sens du termes. J'ai toujours préféré le livre à la télé...

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    1. Le cinéma et la télé sont deux choses différentes.

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L'art de perdre d'Alice Zeniter

Ce qui est écrit nous est étranger et le bonheur nous tombe dessus ou nous fuit sans que l'on sache comment ni pourquoi, on ne saura ...