mardi 23 janvier 2018

Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer

Magda Goebbels vit ses dernières heures. Berlin est assiégé, Hitler et ses proches se terrent en attendant l'avancée des troupes alliées et par là-même, leur mort. A l'autre bout de la chaîne, un homme est mort après avoir caché toutes les lettres qu'il a écrites à sa fille qui l'a renié. Cette fille, c'est Magda. 
J'avais bien sûr repéré ce roman parmi ceux de la rentrée, ne serait-ce que parce qu'il avait été porté par l'enthousiasme de Jérôme. J'avais hésité, trouvant que ce thème de la seconde guerre mondiale était décidément trop présent dans cette rentrée de septembre. Peut-être que d'avoir lu récemment des auteurs rescapés des camps comme Semprun et Anthelme a joué contre ce roman mais avouons-le, je m'y suis ennuyée. J'ai été gênée par ce mélange de fiction et de réel (qui peut parfois ne pas me gêner et je ne sais pas expliquer ce qui fait pencher la balance d'un côté ou de l'autre) et sans doute aussi par le personnage de Magda et ce qu'en fait Sébastien Spitzer. Et je ne vois pas l'intérêt d'avoir inventé les lettres du père à la fille. Je crois que je peux comprendre qu'on brode sur du réel mais pas sur des lettres, qui sont pour moi les fenêtres les plus intimes ouvrant sur un être. Pour que j'aime un roman sur les camps, maintenant que j'en ai tant lu, il faut qu'il adopte un point de vue original et soit particulièrement bien écrit, comme Kinderzimmer. Je me demande parfois si tout n'a pas déjà écrit sur le sujet. Evidemment, il reste utile de lire sur le thème, mais d'écrire? C'est une question à laquelle je me garderai évidemment de répondre faute de détenir la vérité. 

Les éditions de l'Observatoire- Septembre 2017- 310 pages.

Merci au Prix des lectrices de Elle des lycéennes. 
A conseiller à ceux qui ont envie de découvrir Magda Goebbels (mais peut-on avoir envie de la découvrir. 


32 commentaires:

  1. Bonne observation! Je pense qu'il y a plus à relire qu'à lire... Difficile d'adopter un point de vue novateur et original sur ce thème.

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    1. Oui, sauf si on aborde un thème nouveau, comme semble le faire Marceline Loridan.

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  2. Je l'avais aussi repéré, mais des avis très mitigés m'ont fait l'enlever de ma liste à lire... ta remarque sur lire ou écrire encore sur le sujet est exacte.

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    1. J'ai lu peu d'avis mitigés et ceux que j'ai lus sont très récents.

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  3. Pareil que toi... C'est bien écrit, mais je n'ai pas aimé ce mélange des genres.

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    1. C'est difficile à maîtriser un tel mélange.

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  4. Tu as lu "Max" de Sarah Cohen-Scali ? Comme Kinderzimmer, il présente un point de vue original et percutant.

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    1. Non, je ne l'ai pas lu. Par contre, tu me fais penser que peut-être, s'il reste à écrire sur le sujet, c'est peut-être pour la jeunesse.

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  5. Je n'ai pas lu ce roman comme un roman sur les camps, mais plutôt sur le personnage de Magda.

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    1. Les lettres du père sont quand-même centrées sur le camp.

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  6. Je partage entièrement ton point de vue :-)
    Il me semble que tu avais commenté mon article en disant que tu n'allais pas être des enthousiastes. Tu avais bien vu!

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    1. Oui, je 'lavais commencé quand j'ai écrit ce commentaire et je sentais que ça démarrait mal entre lui et moi!

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  7. Je n'apprécie pas beaucoup le mélange des genres, même si j'en lis parfois. Et franchement, j'en sais déjà assez sur Magda Goebbels.

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    1. Je crois que c'est une personne sur laquelle je ne m'étais pas penchée mais je ne sais pas si c'était indispensable.

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  8. héhé c'est la question que Julien me pose quand il y a de nouveaux films sur la guerre également. En tout cas c'est sûr je ne le lirai pas, ça ne me donne pas envie.

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    1. Ecoute, je ne vais pas tenter de te faire changer d'avis.

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  9. Repéré aussi mais définitivement écarté, cette fois...

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  10. Moi ce livre m'a bien secouée mais ça faisait un moment que je n'avais pas replongé (exprès) dans cette période tragique de l'Histoire. Par contre, d'accord avec toi pour les lettres, c'était un poil trop.
    En ce moment je suis dans "Une île trop loin" d'Annika Thor, c'est de la jeunesse mais ça aborde aussi cette période, vue de la Suède. J'y suis allée un peu à reculons, thème oblige, mais franchement, c'est un livre fort !

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    1. Je le note, il semble que les auteurs jeunesse maîtrisent le sujet.

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  11. Moi, j'ai beaucoup aimé ce récit. Je ne connaissais pas cette histoire de Maria Goebbels et je l'ai trouvée terrifiante. Le lien avec l'histoire de son père, imaginée par l'auteur mais très vraisemblable, y apporte beaucoup de densité au récit. Encore un... oui, mais bien écrit et sur un angle nouveau. Mais je n'ai pas non plus long tant de livres sur ce thème : ceci explique peut-être mon intérêt. PS : Kinderzimmer était également un très bon livre;-)

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    1. J'avoue que je n'ai pas trouvé de densité dans l'ajout des lettres, qui m'ont même gênée.

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  12. J'ai d'abord voulu le lire, puis j'ai été refroidie par quelques avis très mitigés, comme Kathel. Je viens de lire Légende d'un dormeur éveillé, le roman sur Desnos de Gaëlle Nohant, et j'ai été gênée, comme toi avec ce titre, par le mélange entre réel et fiction. Du coup, je crois que je vais définitivement m'abstenir !

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    1. IL y a moins de mélange dans le Nohant, quand-même, me semble-t'il. Ou cela m'a moins gênée (voire pas du tout).

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  13. J'aurais parié que ça ne collerais pas entre ce texte et toi. Les lettres sont un artifice sans un intérêt, je suis d'accord avec toi. Mais j'ai quand même passé un excellent moment avec ce roman.

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    1. Si tu n'avais pas passé un excellent moment, je ne l'aurais pas lu !

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  14. Moi aussi je me suis ennuyée, j'ai arrêté au bout de 100 pages.

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  15. C'est rédhibitoire, l'ennui, on ne peut pas lutter contre...

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  16. Je ne lis pas ces thèmes-là . On a beaucoup parlé de ce roman, en bien...tu n'as pas été emballée visiblement !

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  17. j'ai du mal à comprendre l'engouement pour ce livre, je ne l'ai trouvé ni original ni particulièrement fouillé ni particulièrement bien écrit...

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Oui, oui, oui !

C'est mon chouchou (le livre ou l'auteur, je ne sais pas dire) et il vient de remporter le Goncourt 2018. Un grand bravo à Nicolas ...