samedi 14 novembre 2015
jeudi 12 novembre 2015
Madame Bovary de Sophie Barthes
Adapter Madame Bovary et le tourner en anglais me semblait à la fois original et attirant. Je n'imaginais pas les mots de Flaubert en anglais, j'avais très envie d'entendre (sans doute plus que de voir) le résultat. Et le résultat est réussi. Je vous épargne le résumé, les émois d'Emma. Lu à l'adolescence, à un âge où j'étais incapable de comprendre les égarements de cette femme, j'en gardais un mauvais souvenir jusqu'à ce que je le relise, jeune adulte et admire la plume et la psychologie de Flaubert (en même temps, j'habitais dans une rue qui portait le nom de son père, il me fallait bien le relire).
Nous étions trois filles à cette séance, d'âges très divers. Nous avons toutes les trois beaucoup aimé ce film. Les décors sont bien sûrs très beaux, les acteurs sont justes (j'ai une préférence pour Ezra Miller que j'avais découvert dans Le monde de Charlie) et même ma fille qui, je vous le rappelle, n'aime pas "les films dans lesquels quelqu'un est trompé par son conjoint" a aimé le parcours d'Emma, sa dérive vers le consumérisme, celui des objets comme celui de ce qu'elle pense être de l'amour, ce parcours qui mène une femme qui sait dire non au désir à une absence totale de dignité. Un film tourné dans le Perche et j'ai justement visité Mortagne-au-Perche, ce village hors du temps, cet été. La réalisatrice a pris quelques libertés avec l'intrigue qu'elle réduit à une année de la vie Emma qui y est donc représentée jeune mais cela n'enlève rien à l'esprit du roman.
Sortie le 4 novembre 2015
A conseiller à tous les lycéens qui pourraient bien là trouver que le dépoussiérage de classique a du bon.
Merci à ma fille qui a accepté cette idée sans rechigner et à celle qui était là, encore une fois.
mardi 10 novembre 2015
D'amour et de poussière d'Ernest J.Gaines
Vous êtes des adultes, un Noir et une Blanche. Et il n'y a pas de nord pour vous. Tout ce qu'il y a, c'est la mort. Pour lui, une branche d'arbre, et pour vous...
Jim, notre narrateur, vit et travaille sur une plantation en Louisiane. Il fut le témoin privilégié des amours interdits qui unirent son contremaître et Pauline, une domestique noire ainsi que la femme du contremaître et du condamné noir Marcus.
Ce roman est moins puissant que Dites-leur que je suis un homme mais on ne peut pas reprocher à un auteur de ne pas parvenir à franchir la même hauteur de barre à chaque essai. Et Ernest J.Gaines n'a pas à rougir de ce roman-ci. Il a la force des romans à la langue colorée et celle des drames que l'on sent venir sans que cela ne nous empêche de tourner fébrilement les pages pour s'en assurer. La tension grimpe, on étouffe dans cette chaleur du Sud, on s'agace contre Marcus, qui n'a peur de rien et met tout le monde en danger, et pourtant on l'aime pour son esprit rebelle, parce que lui, jamais, n'accepte de se coucher. Un très beau personnage d'homme droit posé à côté d'un narrateur plus peureux mais tout aussi touchant. Les femmes ne sont pas à tout à fait à la hauteur mais c'était déjà le cas dans Dites-leur que je suis un homme. Peu importe, on ira chez Toni Morrison pour trouver d'inoubliables femmes noires. Si vous n'avez toujours pas lu cet auteur, il faut vraiment vous y mettre. C'est l'écrivain de la Louisiane des années 1930 à 1960 par excellence.
Publié en 2010 chez Liana Levi (je crois que c'est une réédition)- Je n'ai trouvé aucune trace de mon exemplaire 10/18.
A conseiller à tous ceux qui aiment la littérature noire américaine.
Merci à Jérôme qui m'a fait découvrir cet auteur.
dimanche 8 novembre 2015
Et si...
Et si on allait à Lyon, une ville que je vient de découvrir et que j'aime beaucoup?






Dans l'ordre des photos: l'une des premières machines volantes, les premières machines pour dépouiller les votes aux Etats-Unis (la machine à statistiques d'Hollerith- 1889), les joueurs d'échecs dans l'appartement temoin imaginé par Michel Laubu et la compagnie Turak (un vrai coup de coeur pour moi), le tout au Musée des Confluences.
Pas d'adresse resto cette fois mais une librairie que je vous recommande chaudement, c'est à Meyzieu, au CoLibris. L'accueil mérite vraiment qu'on y fasse un petit détour et les entretiens entre la libraire et les auteurs (j'espère bien qu'il y en aura plein d'autres) sont de qualité (et sachez que je peste très souvent dans mon coin parce que c'est loin d'être toujours le cas).
A conseiller à tous, petits et grands.
Merci à celle qui m'a offert ces deux nuits de luxe à Lyon et à Kathel pour les idées sorties et resto.
A conseiller à tous, petits et grands.
Merci à celle qui m'a offert ces deux nuits de luxe à Lyon et à Kathel pour les idées sorties et resto.
jeudi 5 novembre 2015
The Affair (série) de Sarah Treem et Hagai Levi
Cette série met en scène un couple adultère qui, le temps d'un été à Montauk, va vivre une passion amoureuse. Rien de bien original me direz-vous, sauf que chaque épisode est divisé en deux parties avec le point de vue de l'homme, Noah et celui de la femme, Alison, très souvent dans cet ordre-ci d'ailleurs mais pas toujours.
C'est une série très addictive pour plusieurs raisons. D'abord parce que Montauk, situé au bout de la péninsule de Long Island, dans l'état de New-York est un lieu fascinant. S'y mêlent les locaux (c'est le cas d'Alison) et les touristes huppés (comme la belle-famille de Noah), chacun avec des préoccupations bien différentes. Pour les uns, il faut se demander comment survivre et pour les autres, comment trouver l'inspiration pour le prochain roman. Ensuite parce que les deux acteurs principaux sont excellents, tout comme le sont les personnages secondaires. Les personnages ne sont ni blancs ni noirs, même si on nous le laisse parfois croire assez longtemps. Le revirement n'en est alors que plus réussi. Et puis, il y a ce suspense qui nous tient tout au long de la série puisque les personnages sont interrogés par un policier mais on ne sait pas tout de suite pourquoi. Pendant quelques épisodes, on croit que les deux versions diffèrent parce que ce sont celles qu'ils choisissent de donner à la police, puis on découvre que c'est loin d'être si simple. Et pour finir, il y a tous ces détails vestimentaires ou pas qui diffèrent selon le point de vue, détails qui peuvent être totalement anodins ou qui ont leur importance dans l'histoire. Mon léger bémol concerne la fin parce que je n'aime pas les cliffhangers. Mais force est de constater que ça fonctionne : à la fin de la série, je n'ai eu qu'une envie, enchaîner avec la deuxième saison.
Avec Dominic West et Ruth Wilson. La première saison est sortie en octobre 2014 et la seconde le mois dernier.
A conseiller à celles qui ne sont pas contre les histoires d'adultère (je précise car en écoutant mon résumé de l'intrigue, ma fille m'a dit: "Je n'aime pas les histoires où quelqu'un trompe l'autre")
Merci à celle qui avait parlé de cette série sur FB ou sur un blog et dont je ne parviens à me souvenir.
mardi 3 novembre 2015
Délivrances de Toni Morrison
Comme le sont souvent les romans de Toni Morrison, celui-ci est polyphonique. Le personnage central est néanmoins Bride, une femme à la peau très noire d'une beauté remarquable. Au début du roman, l'homme qu'elle aime, Booker, lui assène une phrase implacable: "T'es pas la femme que je veux". Nous découvrons peu à peu l'histoire de cette femme rejetée enfant par sa mère à cause de la couleur de peau, puis acceptée par elle lorsqu'elle accusera une adulte d'un délit très grave.
J'aime Toni Morrison. La rencontrer et l'écouter au Festival America il y a trois ans reste pour moi un grand moment. Mais je crois que je vais devoir moduler cette phrase : j'aime Toni Morrison jusqu'à Un Don. Si j'ai préféré Délivrances au fade Home, il manque dans ces deux romans la poésie des débuts, celle qui fait pour moi tout le charme de Toni Morrison. Impossible de savoir si cela vient de la traduction ou non, mais j'ai tendance à penser que Christine Laferrière fait très bien son travail, sinon on ne la chargerait pas de traduire un auteur de cet acabit. J'ai été intéressée par certains passages du roman mais je me suis aussi ennuyée parfois. J'ai été étonnée de trouver le nom de Jane Austen écrit Austin.
Si vous n'avez jamais lu Toni Morrison, je vous conseille de lire Un don et Beloved (peut-être pas pour commencer, c'est le plus beau mais aussi le plus ardu) afin de découvrir sa ou plutôt ses voix.
Un roman essentiel pour Hélène.
Un roman essentiel pour Hélène.
A conseiller à ceux qui ont peur de commencer par Beloved (mais le but est d'arriver à celui-ci)
Merci à mon amie Nathalie pour le prêt de ce roman.
dimanche 1 novembre 2015
Et si... ?
Et si on découvrait la Suisse, Montreux, les bords du lac Léman et ses superbes nuances de bleu et le château de Chillon ?




A conseiller aux amateurs de calme et de belles balades.
Merci à celle qui m'y a amenée, sans laquelle je n'aurais sans doute jamais posé mes bagages à Montreux.




A conseiller aux amateurs de calme et de belles balades.
Merci à celle qui m'y a amenée, sans laquelle je n'aurais sans doute jamais posé mes bagages à Montreux.
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