J'ai eu envie de prendre un raccourci et je me suis paumé...
Si je vous disais que j'ai vu tous les films de Claude Lelouch, moi qui ne suis cinéphile que par intermittence, je serais une fieffée menteuse. Comme la plupart d'entre vous, je suppose, j'ai vu quelques uns de ces films, en ai aimé mais ai aussi été de plus en plus agacée par ce que je considérais comme un scénario inconsistant (précisons tout de suite, mais vous le savez déjà, que je ne suis pas une spécialiste du cinéma, encore moins du cinéma français et que tout ce qui suivra sera du pur ressenti et en aucun cas une analyse). Je crois que pour moi, tout tient dans le choix des acteurs, c'est grâce à eux si j'accroche ou pas au film. Trintignant et Anouk Aimé sont superbes dans Un homme et une femme et Montand et surtout Annie Girardot, une actrice que j'aime beaucoup, le sont tout autant dans Vivre pour vivre. Je me rends compte que j'ai vu ses films par vagues, pas mal de films des années soixante (je rappelle aux médisants que je n'étais pas née), aucun des années 70. Puis entre 1980 et Hommes, Femmes, mode d'emploi, j'en ai vu un sur deux et là encore, mon choix fut souvent guidé par l'affiche. Après ça, j'ai décidé que décidément, l'improvisation pouvait être géniale dans des moments de grâce (cf la scène de Lucchini dans la tente dans Tout ça pour ça) mais que j'aimais les scénarios et les dialogues plus écrits.
Si je vous disais que j'ai vu tous les films de Claude Lelouch, moi qui ne suis cinéphile que par intermittence, je serais une fieffée menteuse. Comme la plupart d'entre vous, je suppose, j'ai vu quelques uns de ces films, en ai aimé mais ai aussi été de plus en plus agacée par ce que je considérais comme un scénario inconsistant (précisons tout de suite, mais vous le savez déjà, que je ne suis pas une spécialiste du cinéma, encore moins du cinéma français et que tout ce qui suivra sera du pur ressenti et en aucun cas une analyse). Je crois que pour moi, tout tient dans le choix des acteurs, c'est grâce à eux si j'accroche ou pas au film. Trintignant et Anouk Aimé sont superbes dans Un homme et une femme et Montand et surtout Annie Girardot, une actrice que j'aime beaucoup, le sont tout autant dans Vivre pour vivre. Je me rends compte que j'ai vu ses films par vagues, pas mal de films des années soixante (je rappelle aux médisants que je n'étais pas née), aucun des années 70. Puis entre 1980 et Hommes, Femmes, mode d'emploi, j'en ai vu un sur deux et là encore, mon choix fut souvent guidé par l'affiche. Après ça, j'ai décidé que décidément, l'improvisation pouvait être géniale dans des moments de grâce (cf la scène de Lucchini dans la tente dans Tout ça pour ça) mais que j'aimais les scénarios et les dialogues plus écrits.
Je n'avais pas vu Itinéraire d'un enfant gâté. Et disons-le, entre ce film et moi, ça commençait mal puisque mon premier téléchargement légal (sur Vidéofutur) ne me permit pas de le visionner. Je payai donc une deuxième fois. Autant dire qu'il avait intérêt à valoir le coup! Et ce fut le cas. Sam Lion, enfant abandonné, est élevé dans le milieu du cirque qui restera sa passion. A la suite d'un accident de trapèze, il se reconvertit dans le nettoyage. Sa société prospère mais un beau jour, il décide de tout quitter, son entreprise et ses enfants devenus adultes, de se faire passer pour mort et de vivre en Afrique.
Je ne sais pas si j'ai aimé ce film mais il m'a bouleversée, trop peut-être pour que j'aie pu éprouver du plaisir à le regarder dans la première partie en tout cas. Je ne sais pas non plus si on peut y être sensible en nageant dans le bonheur. Parce que c'est sans doute le film le plus réussi qu'il m'ait été donné de voir sur la dépression (là encore, c'est mon ressenti, je ne sais pas ce que Lelouch a voulu faire de ce film). Jean-Paul Belmondo qui obtint le César du meilleur acteur pour ce rôle est un être qui a perdu sa femme pendant leur nuit de noce et on sent qu'une chape de plomb lui pèse sur les épaules. Inutile pour lui de parler, tout se lit sur son visage et j'avoue que je ne connaissais pas la facette dramatique de cet acteur, mes parents ne m'ayant fait connaître que ses films comiques (ceux où il est toujours accompagné d'une actrice sculpturale, ce qui fait que je l'ai longtemps considéré comme un James Bond comique français) même si ado, j'avais bien sûr découvert A bout de souffle. Il était temps que je le découvre autrement. J'ai eu grand plaisir à revoir Richard Anconina jeune, qui savait alors à la fois me toucher et me faire rire et j'avais oublié que Marie-Sophie L (la compagne de Claude Lelouch que je préfère, je ne compte pas Annie Girardot puisque je viens de découvrir leur relation en rédigeant ce billet) était si jeune quand elle a commencé à jouer pour Lelouch. C'est donc un film qu'il faut absolument voir, peut-être en période creuse, avec des mouchoirs sous la main. Je vous conseille aussi de le voir seul (ironie du sort, je rêvais de voir ce film accompagnée), sauf si vous souhaitez vous faire consoler (après tout, c'est une tactique comme une autre). Personnellement, le nez rouge et les yeux bouffis par les larmes, je préfère les garder pour moi. Je me suis interrogée sur la corrélation entre le moment où mes larmes ont commencé à couler à flots et les scènes avec les animaux sauvages, parce qu'il y a, dans Le ciel attendra qui tente d'analyser comment fonctionne l'embrigadement des jeunes femmes, une scène importante liée à ces vidéos. mais je n'ai pas trouvé de réponse. La deuxième moitié est plus reposante avec des passages drôles et tendres (la demande en mariage par exemple). Comme tous les films réussis, ce film pose la question du sens (pourquoi Sam décide-t'il réellement de tout quitter?) et même des questions morales (peut-on décider de disparaître en sachant qu'on laisse de la souffrance derrière soi? Est-on vraiment à même de juger que l'un de nos enfants a besoin qu'on s'éloigne pour qu'il s'épanouisse?) qu'on aurait envie de creuser à plusieurs. Le dernier passage est d'une beauté à pleurer (donc, oui, les larmes reviennent à la fin). Je ne savais ni que Lelouch pouvait à ce point émouvoir, ni que Belmondo pouvait exprimer le mal de vivre avec une telle intensité.
A conseiller à ceux qui ont déjà eu l'impression de toucher le fond, ce film ne peut que leur parler. A conseiller aussi aux adeptes de John Irving, il y a des traits communs dans leur univers (le cirque, la manière de traiter le lien parents/ enfants et bien sûr, un certain désespoir).
Merci Romain.