dimanche 2 juillet 2017

Pierre de Cristal de Franz Duchazeau

Pierre a une dizaine d'années quand à l'école, il entend d'autres élèves dire qu'on a vu sa mère avec un autre homme que son père. Il n'avait pas besoin de ça pour se rendre compte que quelque chose clochait à la maison, les gestes tendres entre ses parents étant inexistants. Dans une angoisse du temps qui passe trop vite, il ne cesse de prendre des photos de ceux qui l'entourent, et de ses parents en premier lieu. 

Cette BD est la BD de la nostalgie de l'enfance par excellence. On ressent à la fois l'ennui inhérent aux vacances chez les grands-parents et le plaisir de partager du temps avec la cousine, les liens fraternels et ces liens complexes qui unissent les enfants à leurs parents. Et il y a cet épisode très bien vu de ces objets talismans dont les adultes ne comprennent pas l'importance dans la vie des enfants. 

C'est doux amer, ça pique un peu sous la langue, tout en finesse. Je vous la conseille. 

Publié le 6 mai 2017 chez Casterman (collection Ecritures).

Merci à Babelio.
A conseiller aux nostalgiques de leur enfance ou au contraire, à ceux, comme moi, qui ne le sont pas du tout, surtout si vous avez grandi dans la période Casimir. 




jeudi 29 juin 2017

Justice soit-elle de Marie Vindy

Quand la toute jeune Laurine fait le mur avec son cousin Jonathan en pleine nuit et qu'ils tombent nez à nez avec le cadavre d'une jeune fille, cela leur ôte toute envie de recommencer. Par contre, cela permet à Laurine, dont la mère fut elle aussi assassinée, de rouvrir la plaie pour pouvoir peut-être enfin, permettre la cicatrisation. Elle se lie de sympathie avec une avocate, Deborah, qui justement, décide de créer une association afin de permettre la réouverture de quatorze affaires de meurtres de femmes non élucidés. 

On n'a sans doute pas besoin d'être féministe pour se pencher sur ces cas de femmes disparues, pourtant le "Féministement vôtre" de la préface ne pouvait que me plaire. L'auteure, chroniqueuse judiciaire, nous précise donc que ce polar reprend des éléments des disparitions de femmes survenues en Bourgogne entre 1984 et 1997: douze jeunes femmes ou adolescentes assassinées dont les meurtres sont parfois restés impunis. Marie Vindy entend réhabiliter ces victimes et leurs familles et c'est d'ailleurs à ces victimes que ce livre est dédié. J'ai aimé ce polar pour plusieurs raisons: tout d'abord, l'idée de rendre hommage à ces femmes, de ne pas les oublier sous prétexte que l'enquête a été classée parce qu'il y a prescription me semble juste et cette fois (je fais ici référence à un "roman" de la rentrée de septembre qui tournait autour du meurtre de la jeune Laeticia, que Marie Vindy utilise aussi ici), je n'ai pas été mise mal à l'aise par la manière de procéder de l'auteure, sans doute parce que le polar permet une mise à distance que le roman qui n'en était pas un ne permettait pas. Et puis il y a ce personnage sans doute inventé de la fille de l'une des victimes qui décoiffe et ça fait du bien, une petite pointe de féminisme en herbe qui est raccord avec le thème. C'est donc une belle découverte que ce polar et cette auteure.


Merci à lecteurs.com et à leur club des explorateurs (je l'ai reçu et lu en duo avec mon amie IRL, Nathalie et vous pouvez lire nos deux avis ici. ). 
A conseiller aux féministes, aux misandres et aux hommes (c'est de l'humour, évidemment). 

Publié le 8 juin aux éditions Sang neuf- 318 pages. 

mardi 27 juin 2017

Ma Normandie unifiée

Fini le temps où je taquinais les copines de Basse-Normandie, nous voilà toutes dans la même région et, il était grand temps! Pour fêter ça, deux photos de mon week-end, l'une d'Etretat (76), l'autre de Cabourg (j'ai quand-même une préférence pour les côtes du Calvados: Ouistreham, Houlgate, Cabourg, Trouville, Deauville...). 

J'en profite pour vous souhaiter à tous, puisque votre moment finira bien par arriver, de bonnes vacances. 

Merci aux deux fabuleuses personnes qui m'ont accompagnée lors de ce week-end. 
A conseiller aux amoureux du bord de mer, dont je fais partie. 



dimanche 25 juin 2017

Place aux femmes, 60 dessins de presse avec une préface d'Elizabeth Badinter



Voici deux des soixante dessins consacrés à la défense des droits de la femme, classés selon des grands thèmes comme maternité et sexualité ou scolarisation et émancipation. Ca se passe évidemment de commentaires et c'est souvent très bien vu. 

Publié en mai 2017 chez Gallimard Loisirs. 

Un grand merci à Aline pour cet album et pour m'avoir servi de guide à Orléans, une ville bien agréable. 
A conseiller aux hommes comme aux femmes. 




jeudi 22 juin 2017

Je dansais de Carole Zalberg

Tu es ma terre neuve et exaltante, entends-tu? Je te parcours , je relève et dessine tes reliefs, ta cartographie. Tout est familier, tout est inconnu, changeant, merveilleux. Je suis heureux dans mes moments que j'appelle mes explorations, et ta passivité, je crois, n'est pas aussi hostile qu'à l'accoutumée. 

Parfois, on achète un roman parce que le précédent roman de l'auteure nous avait plu. On ne lit pas trop les billets dessus pour ne rien déflorer, on voit juste que ce roman plait beaucoup et ça suffit. Puis on entre dans une librairie d'Orléans, Les Temps Modernes pour les citer, et on trouve la libraire tellement sympa (il faut dire qu'on est très bien accompagnée aussi) qu'on se dit que c'est là qu'on va l'acheter, le dernier Zalberg. Et une fois bien rentrée en Normandie, comme il fait chaud et qu'on n'est plus vraiment habituée à travailler intensément depuis un mois et demi, on fait des pauses sur le transat, histoire de se détendre entre deux séances de préparation de rentrée. Enfin, ça, c'est ce qu'on croit!

Parce que bien évidemment, pour se détendre, il y a mieux qu'un roman qui alterne les voix d'un homme qui séquestre une jeune ado et la viole, de sa victime et du chœur des jeunes filles qu'on viole et maltraite à travers le monde. Je pourrais vous dire que c'est un beau roman mais qu'il n'est pas pour moi. Alors, ça, c'est sûr, il n'est pas pour moi, je vais être violente mais je l'ai détesté, ce roman, j'ai détesté qu'on transforme la voix de cet homme en belles phrases décrivant l’innommable. Cette phrase citée plus haut, belle si elle est décrite par un amant devient terrible dans les mots d'un violeur. C'était à la limite de ce que je pouvais supporter. Pourtant, j'ai fini par lâcher ce roman pour une autre raison, j'ai trouvé que finalement, c'était creux, que ça tournait en rond. Bref, j'ai fini par m'ennuyer, ce qui est un comble vu ce que je ressentais au début. Je sauverais une scène, celle de la robe à l'école qui symbolise bien le problème des robes en général. Eh oui, nous les filles, si on ne veut pas être embêtée, nous n'avons qu'à mettre des pantalons, c'est tellement évident! 

Ne voyez pas dans ce billet une rancœur contre vous, lecteurs, qui l'avez aimé, ni contre l'auteure et son talent que je ne remets nullement en cause (Feu pour feu m'avait ravie, malgré la dureté du thème). Je ne suis pas une petite nature et la beauté de l'art est de ne pas laisser insensible. Je ne l'ai pas été. 

Publié en févier 2017 chez Grasset. 150 pages que je ne suis pas parvenue à finir.

Un livre que je ne saurais conseiller à quiconque et que je me garderais bien d'offrir. 


mardi 20 juin 2017

L'exposition Rodin au Grand Palais

La sculpture me touche davantage que la peinture, même si j'aime les deux formes d'art, et j'aime particulièrement Rodin. J'ai d'ailleurs très envie de visiter à nouveau le musée Rodin dans lequel je n'ai pas mis les pieds depuis un moment. J'ai plutôt profité de l'exposition en me disant que retournerai au musée plus tard et je vous la conseille. Vous y redécouvrirez des classiques de Rodin, mais aussi des œuvres moins connues et des sculptures plus ou moins librement inspirées de Rodin.


Femmes damnées (une oeuvre que je ne connaissais pas)
Le célèbre Penseur



Je l'aime sous toutes ses coutures, ce Baiser et mais c'est ce dos masculin qui a ma préférence! 
Large monument de Barry Flanagan



Du 22 mars au 31 juillet au Grand Palais. 13 €.

dimanche 18 juin 2017

La liseuse de Paul Fournel


L'artichaut est un légume de solitude, difficile à manger en face de quelqu'un, divin lorsqu'on est seul. Un légume méditatif, réservé aux bricoleurs et aux gourmets (...) Rien ne presse dans l'artichaut, on peut sucer une feuille pendant plusieurs minutes jusqu'à l'amertume, on peut au contraire, racler des incisives la chair de plusieurs feuilles à la suite pour se donner une bouchée consistante. 

Robert Dubois est éditeur dans une petite maison d'édition qui peine à survivre. Lorsque sa stagiaire lui met une liseuse entre les mains, Robert découvre une autre façon de lire. 

Ce roman n'est pas seulement un roman sur les liseuses, loin de là. C'est un roman sur le monde de l'édition et sur la vie d'un éditeur, que Paul Fournel connaît bien puisqu'il fut, dans l'une de ses nombreuses vies, éditeur. Nous suivons l'éditeur dans ses nombreux rôles, de la découverte des manuscrits à l'accompagnement des écrivains en rencontre, en passant par la défense de tel ou tel livre en comité et par le départ d'écrivains pour une autre maison d'édition. Et puis, ce qui me plait beaucoup dans ce roman, c'est aussi le rapport à la nourriture et on sent le parallèle entre les deux domaines, le restaurant traditionnel étant d'ailleurs racheté et donc appelé à disparaître pour devenir un restaurant de sushis. Il est difficile de ne pas aimer ce livre quand on est un lecteur compulsif et/ou intéressé par le monde de l'édition, celui qui se développe à petite échelle. Il y a là la plus belle page que je connaisse consacrée à l'artichaut, un légume que je n'aime pas mais qui me renvoie immanquablement à ma mère. J'aime beaucoup la couverture Folio. La contrainte oulipienne du roman fut d'épouser la forme d'une sextine, forme poétique inventée au XIIe siècle. 

La sextine est une forme poétique, composée de six sizains, dont les mots en fin de vers restent les mêmes, mais répartis selon un ordre différent : mathématiquement parlant, il s'agit d'une permutation d'ordre 6. La première sextine est l'œuvre du troubadour Arnaut Daniel au XII e siècle.

192 pages. Publié en Folio en juin 2013. 

A conseiller aux amoureux des livres. 

Moi par (six) mois

En juillet, je publiais ici le résumé des six premiers mois de mon année. Il fallait bien une suite, la voici donc. Une suite, mais aussi ...