jeudi 19 juillet 2018

Sucre noir de Miguel Bonnefroy

Le capitaine Henry Morgan aurait caché le butin de son navire échoué dans un village des Caraïbes. 300 ans plus tard, deux explorateurs vont séjourner chez la famille Otero, persuadés que ce trésor ne se trouve pas loin de leur maison. 
Il y a un moment que je voulais découvrir la plume du séduisant Miguel Bonnefroy mais les thèmes qu'il choisit ne m'attirent jamais. Quand on m'a proposé de me donner ce roman, je me suis dit que c'était le moment. Ce roman aurait pu me plaire s'il avait pris la forme d'une vraie saga familiale mais l'auteur a choisi d'en faire un roman court, ce qui le rend frustrant et inabouti, à mes yeux au moins. Son atout principal est de nous dépayser mais Miguel, vraiment, on ne peut pas écrire des phrases clichés comme : 
A cet instant, Severo Bracamonte, nu dans le moulin, au milieu du parfum étourdissant des vieux tonneaux, eut l'impression que cette femme avait inventé l'amour. 
Je n'ai donc pas été séduite par ce roman mais il avait été remarqué par la presse lors de sa sortie. 

Publié chez Rivages en septembre 2017. 209 pages. 

Merci à mes documentalistes qui m'ont offert ce roman.
A conseiller à ceux qui veulent s'échapper un peu. 

lundi 16 juillet 2018

La disparition de Stéphanie Mailer de Joël Dicker

En 1994, le maire d'Orphea, petite ville américaine tranquille, est assassinée avec sa famille. Le meurtrier est arrêté par les deux enquêteurs de l'époque, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Vingt ans plus tard, une journaliste nommée Stéphanie Mailer décide d'enquêter dans son coin et affirme que la police a fait une erreur. Peu après, elle disparaît.
On retrouve dans ce roman les caractéristiques du premier roman de Joël Dicker, la vie dans une petite ville américaine qui se trouve bouleversée par un meurtre. Le point commun s'arrête là. Si j'avais des bémols sur la version papier (aucune sur la version audio) de La vérité sur l'affaire Harry Québert, là, ce ne sont pas des bémols que j'ai, c'est tout simplement que j'ai été submergée par l'ennui. J'ai aimé le début, puis il m'a semblé que l'ensemble tournait vite en rond, sans compter que l'auteur me semblait parfois régler ses comptes avec la critique littéraire. En soi, ça ne me pose pas problème, sauf qu'il n'y va pas avec le dos de la cuillère. Quand il a fallu charger le deuxième CD sur mon ipod, j'ai manqué de courage et j'ai laissé là la fine équipe d'enquêteurs, sans apprendre l'identité du meurtrier. Ce qui est embêtant, c'est que j'avais déjà abandonné le roman précédent de Joël Dicker. Il faut tout de même savoir que j'ai naturellement de la bienveillance pour cet auteur, qui a enthousiasmé mes élèves participant au Prix Goncourt des lycéens quand il l'a obtenu. Je ne sais pas si notre participation à ce jury aurait eu la même saveur sans lui. Mais là, j'aimerais bien qu'il passe à autre chose, peut-être a-t'il besoin d'explorer d'autre lieux et d'autre thèmes. 
Date de parution : 
06 Juin 2018
- Éditeur d’origine : 
Editions de Fallois
Durée : 
18h21



Merci à Audiolib
Je ne peux vraiment pas le conseiller à qui que ce soit. 

                                              

dimanche 15 juillet 2018

Ma go-list

Là tout de suite, vous pouvez vous télé-transporter quelque part, pour une semaine de vacances sans personne et sans aucune contrainte, vous allez où ? Là, tout de suite, je ne pars pas une semaine seule en vacances. Il faut s'aimer beaucoup pour savoir vivre sans les autres ou alors il faut avoir besoin de méditer sur soi-même. Aucune de ces deux options ne s'applique à moi pour le moment (mais j'ai songé un moment à randonner seule, peu importait où). 
Un endroit pour résider une fois que vous aurez arrêté toute activité professionnelle ? C'est une question que je me suis déjà posée. Impossible d'y répondre puisque la réponse est liée à des contingences que je ne connais pas : où seront mes enfants ? Mes amis resteront-ils en Normandie ? Où vivra celui qui, alors, ensoleillera peut-être mes journées ?  Dans l'absolu, j'aimerais sans doute davantage de chaleur (quoique cet été, je suis comblée) mais je ne suis pas certaine d'avoir un jour envie de quitter ma belle Normandie. 
Cabourg

Le Bec-Hellouin

Etretat


Yport
Le pays qui fait rêver tout le monde mais pas vous ? Le Canada. Le froid ne m'attire pas et ce que m'en disent ce qui y sont allés me fait trop penser aux Etats-Unis pour me donner envie. 
Un voyage à offrir à quelqu’un que vous n’aimez pas? Evidemment non. Mais pour répondre à l'esprit de la question, je dirais un pays asiatique, la Corée du Nord peut-être. Et comme je suis, comme toujours, paradoxale, c'est évidemment en Asie que je poserai mes valises cet été. 
L’endroit pour aller roucouler quand  on tombe amoureux ?  La prochaine fois que je tomberai amoureuse, j'aimerais découvrir un endroit que je ne connais pas. Et comme nous serons deux à choisir, je ne peux pas savoir où nos envies nous mèneront. Je me rends compte que spontanément, j'ai de moins en moins d'envies irrésistibles de destinations, celle de cet été étant l'une des dernières. Il reste peut-être Malte et Yellowstone. Mais les envies s'inventent.
Binic
Un coup de coeur en France? Ils sont nombreux. Ma région bien sûr mais aussi Paris, les côtes bretonnes et je sens que Lille va grimper dans le haut de ma liste. 
Côte bretonne (GR 34)
Montmartre
Côte bretonne (GR 34)
       
Montmartre
Lille
 
Enfin une capitale européenne  qui vous a déçue ou disons pas emballé plus que ça ? J'ai détesté Amsterdam. Les gens qui cuvent leur nuit arrosée le matin quand je prends mon petit-déjeuner, très peu pour moi. Les champignons et autre hallucinogènes partout dans les vitrines, très peu pour moi. Tout comme d'autres "produits" exposés en vitrines. 
Merci à Mind the Gap pour l'idée. 

jeudi 12 juillet 2018

La chute d'Albert Camus

Ce court roman de Camus est la confession d'un juge-pénitent, c'est ainsi qu'il se qualifie, à un inconnu rencontré dans un bar à Amsterdam. Le suicide d'une jeune femme qu'il croise sur un pont et son manque de réaction face à cet événement va faire basculer sa vie. Il va peu à peu passer son temps à s'accuser de tout devant les hommes qu'il rencontre, accusant ainsi l'humanité entière de toutes les fautes possibles. 
Ces confessions d'un homme du XXe siècle, se perdant dans l'amour des femmes ou plutôt dans l'amour de lui-même à travers l'amour des femmes ne sont pas sans rappeler celles de L'Etranger. C'est le propre d'une confession de n'exprimer qu'un point de vue et c'est souvent dérangeant. Ça l'est en tout cas dans L'Etranger. Ce roman-ci m'a semblé être l'inverse de L'Etranger dans le sens où il est bavard là où l'autre était froid. Mais allez-vous me dire à juste titre, comment un roman peut être moins bavard qu'un autre qui a le même nombre de pages ou presque ? C'est que dans un cas, me semble-t-il, nous sommes dans une confession en retenue, qui dit l'essentiel mais donc cache des non-dits alors qu'ici, tout me semble confessé. Difficile de dire d'un roman si connu et d'un auteur si réputé qu'ils nous ont déçue, et pourtant, pour être familière, j'ai trouvé que Camus ne s'était pas vraiment foulé sur ce coup-là. Il y va avec ses gros sabots, on peut appeler ça un conte philosophique si on veut mais moi, j'appelle ça un manque de finesse dans le genre donneur de leçon. Sartre, que je n'affectionne pas particulièrement, traitait à mon avis bien mieux du thème de la responsabilité de chacun. 

Publié en 1956 chez Gallimard- 153 p. en Folio.
A conseiller à ceux qui aiment broyer du noir. 

mardi 10 juillet 2018

L'Amant de la Chine du Nord de Marguerite Duras

L'histoire est déjà là, déjà inévitable, 
Celle d'un amour aveuglant, 
Toujours à venir, 
Jamais oublié. 

Sept ans avant ce roman, Marguerite Duras publie L'Amant, adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud. L'auteure est furieuse du résultat et décide de réécrire la même histoire, en y intégrant des indications scéniques. Après avoir lu Un barrage contre le Pacifique et l'Amant, ce roman me semble faire partie d'un travail de réécriture sur le même thème, tout en se centrant sur des aspects parfois différents. C'est, à mon avis, le plus abouti des trois. 
A nouveau, Duras revient donc sur cette relation autobiographique qu'elle eût, à quatorze ans, avec un chinois de vingt-huit ans, tout en esquissant les contours des relations qu'elle entretenait avec sa mère, ses deux frères, son amie de pensionnat, la très belle Hélène mais aussi, pour la première fois ou de manière plus appuyée, ce qui fait que je m'en souviendrais pour la première fois, avec Than, le beau jeune homme qui travaillait pour la famille. Là où les deux autres romans insistent davantage sur les conséquences que l'histoire entre Duras et le chinois ont pu avoir sur la famille, changeant la position de la jeune fille puisque devenue objet de désir d'un homme riche dont il serait souhaitable qu'elle devienne la femme, ce roman-ci me semble le roman du désir et plus précisément du désir transgressif. Il y a évidemment la relation entre une très jeune fille et un adulte, mais aussi entre une blanche et un chinois et ce n'est pas tout : le premier objet de désir de la narratrice se nomme Hélène et la relation entre les deux filles reste empreinte d'ambiguïté. Encore plus ambiguë mais surtout extrêmement dérangeante, ce qui n'est jamais fait pour me rebuter, est la relation entre le jeune frère et la narratrice. Il m'a semblé qu'il y avait bien plus de douceur dans ce roman que dans les précédents, notamment envers la mère. Et si le désir est présent, ce roman explore aussi, pour la première fois me semble-t'il la frontière ténue qui peut exister entre le désir et l'amour. 
Aucun des deux ne se rend compte que l'amour est là. Le désir se distrait encore. 
C'est un très beau roman que je vous conseille mais il me semble que pour l'apprécier à sa juste mesure, il faudrait avoir lu les deux précédents, moins réussis. 

Publié en 1991- 245 pages.

Merci à mon CDI ( je l'ai dévalisé avant de quitter le lycée).
A conseiller à ceux qui ont lu l'un des deux romans sur le même thème, ou à ceux qui veulent découvrir Duras. Ce roman me semble plus facile d'accès que Le Ravissement de Lol V. Stein. 

dimanche 8 juillet 2018

Moi par (six) mois (et sept jours)

En janvier dernier, j'avais copié l'idée du Moi par mois de Moka et récapitulé mon année. Parce que mon dernier mois a été particulièrement riche, je vais faire cette fois un bilan de mi-parcours.

1. Les doigts relaxants d'une professionnelle pour commencer cette année / plein de  nouveaux venus à la maison et une soirée marquée par une histoire de culotte en dentelle / premier dimanche à Houlgate: le vent, le froid, le 5 et le 18 / ravie de participer au Prix Audiolib pour la sixième fois/ un bébé qui fait craquer même celle qui disait "Moi j'aime pas les bébés"/ cinq heures de travail non-stop à deux / offrir Camus et Casares/ premier ciné à deux : une douleur dominicale / être l'instigatrice d'une surprise de départ en retraite, écrire une chanson et rassembler les chanteurs : un mois qui finit sous le signe fort de l'amitié.
2. Mes filous de seconde et mon nom qui se retrouve dans un commentaire sur Youtube / le collègue qui déborde : dilemme / Machine de cirque: quel spectacle ! / une voix venue du passé sur ma messagerie / jour de neige : le besoin de dégeler de vieilles tensions / on l'écrit vraiment ce deuxième chapitre, alors ? / les tartes meringuées au citron qui font grossir rien qu'à les regarder / Prix Goncourt des Lycéens 2018, l'idée germe, le oui du chef / quand mal de vivre rime avec cynisme mais aussi avec tendresse / pas de chapitre 2.
3. Mes parisiennes à Rouen: trop court ! / The shape of my heart : ça tangue sec dans mon petit cœur encore trop mou /  Celle qui adore qu'on l'appelle "leader" et qu'on prononce son prénom à l'anglo-saxonne : un voyage scolaire au-dessus du lot / coup de cœur pour le street art de Bristol / une semaine qui commence par un coup de couteau dans le dos et une déception et qui se transforme en multiples preuves de tendresse / Bali réservé !!! / Pfiou, elle grandit trop vite cette ado / l'accident sans gravité de mon grand.
4. La fin de trois ans et demi d'échanges / les ours polaires, Houlgate, la famille et l'amitié / Ce "tu nous manques" auquel je ne sais pas répondre / un concours, des bulles et un footing à la plage / un Naufrage qui étrangement me remet à flots / un départ en Afrique en fanfare et sous le soleil / Une amie et une prof extraordinaire, ça fait beaucoup pour une seule femme / deux invitations en bord de mer et un pétillant "Moi, je veux la journée bord de mer avec Valérie !" / Se faire applaudir par ses terminales / ce week-end cadeau que même la météo ne pouvait gâcher / neige un 30 avril !
5. Une livraison de pétales et de bulles en souvenir d'un moment de grâce / parfois je me demande pourquoi je m'obstine / trois générations à Lille / L'empreinte de l'amitié / Camus et Casares bis / "Bon, tu ne dis pas que je te l'ai dit mais le frère de M., il a flashé sur toi. "Il a quel âge ?" "24 ans". "Ah oui, quand-même ! C'est glauque que ce soit ma fille qui me dise ça, non? " "Non, c'est flatteur." "Ah bon." / préparer l'opération "En juin, gâtons Delphine!" / se faire très peur: la première phalange n'est pas passée loin de la lame de la tondeuse (moralité : regarder ses sms en tondant devrait être puni par la loi) / mes trois premières nuits payées par l'EN et ce verdict écossais : "You don't drink wine, you don't watch TV, you're a bit scary !"
6. Celle qui jouait à Sherlock Holmes et les autres qui pouffaient de rire / la Fée Clochette, ce surnom inventé par mon ancien élève devenu collègue / le César du meilleur second rôle ne sera peut-être pas pour moi mais celui des plus belles chaussures, si / mon sosie au Touquet ? / le cadeau qu'on ne m'avait encore jamais fait: ma thonoïade préférée !  / mes superbes terminales dans la lumière et mon élève qui ne veut pas que je le vois torse-nu sur scène / cette main qui prend la mienne, ce boogie woogie en talons aiguilles (décidément, ces chaussures me sont indispensables) que je ne suis pas prête d'oublier, "Bon, je préfère vous le dire tout de suite, je suis un peu pompette" / Laurent Lafitte en chair et en os esquissant quelques pas de danse, une journée amicale à Paris / le chagrin de celle qui choisit de quitter la sécurité /  Je t'aime, moi non plus.
7.  "Ta mère, c'est le sang" (quand j'ai besoin d'un traducteur pour comprendre les compliments des copines de ma fille) / celui qui la déçoit / Les choses de la vie / Chanter Porque te vas, danser une rumba congolaise et entendre "Dis, tu viendras nous voir au Congo ?" le soir de La Stratégie de la Rupture /  mes larmes d'émotion et de fierté mêlées à celles de ma Merveille :  un moment qu'on n'oubliera pas.

jeudi 5 juillet 2018

Éloge de la nage d'Annie Leclerc

Dira-t'on que l'eau est trompeuse, sirène séductrice, fatale, enjôleuse ? Cette façon qu'elle a d'annuler les duretés du monde, de dénouer les conflits, de dissoudre les hostilités, d'effacer les discordes, les âges, les noms et les renoms, de résoudre tous les problèmes en un tournemain, en quelques battements de chevilles...
Quand mon amie Nathalie a fait le grand ménage dans sa bibliothèque, elle m'a mis entre les mains un court livre qui évoque une activité à laquelle je m'adonne avec un grand plaisir, la natation. Annie Leclerc, dont le nom m'était inconnu, y parle de son rapport à la nage en y mêlant des réflexions sur la vie. 
Ma pratique de la natation est en fait très différente de celle de l'auteure. Elle nage le crawl alors que je ne nage que la brasse, par choix. Je comprends très bien que pour les nageurs de crawl, je ne sois pas une vraie nageuse. Moi, certains nageurs de crawl (mais rarement les nageuses) ont le don de m'exaspérer tant ils éclaboussent sans se soucier des autres. Je n'utilise ni planche, ni palme. Je n'utilise pas l'eau pour me gainer. Par contre, j'aime sentir mon dos se muscler à chaque mouvement. Et puis, et là, je rejoins Annie Leclerc, j'utilise l'eau pour me consoler, réfléchir, m'envelopper. Moi qui cours (mais je ne suis pas certaine d'aimer courir, je crois que j'aime avoir couru), je trouve dans la natation un tout autre plaisir. J'ai coutume de dire que la course me permet de passer à l'égouttoir tout ce qui n'est pas important. Quand je cours, je réfléchis, comme lorsque je nage mais un écrémage a  lieu et le superflu disparaît avec mes gouttes de sueur. J'en sors les idées plus claires. Avec l'eau, c'est différent; elle est mon élément, sans aucun doute. Elle me cajole. Dans cette piscine municipale découverte dans laquelle je nage une ou deux fois par semaine entre 1300 et 1400 mètres en 45 minutes, j'ai versé des larmes il y a plus de trois ans, j'ai dû nager avec un sourire jusqu'aux oreilles parfois, j'ai préparé des cours avec une amie, discuté livres, vie, amours avec d'autres. J'y ai écris des lettres que je n'ai jamais couchées sur le papier et des sms que j'ai envoyés dans ma cabine en sortant. C'est un lieu qui fait autant partie de moi que ma chambre à coucher et pourtant, je partage cette phrase : 
Il arrive qu'on ne comprenne plus rien de cette obstination à poursuivre, à reprendre le chemin de la piscine, à se déshabiller, enfiler le maillot, se faire violence, toujours, je le souligne, pour entrer dans l'eau, même si elle annonce 28°, même si ça ne dure qu'une seconde. 

Merci à Nathalie.
A conseiller aux nageurs pour s'interroger sur leur pratique de la natation.

Publié en 2002 chez Actes Sud. 84 pages. 

mardi 3 juillet 2018

La vie parfaite de Silvia Avallone

Adèle accouche le jour de Pâques. Elle a décidé de ne pas garder cette petite fille qui vient au monde. Parce qu'elle est née du mauvais côté de la barrière, parce que le père du bébé est en prison et a quitté Adèle au tout début de sa grossesse, elle pense qu'il vaudra mieux pour l'enfant de grandir ailleurs. Dora, quant à elle, est handicapée et ne pourra pas avoir d'enfant sans aide médicale. Après de nombreux échecs de PMA, elle se tourne vers l'adoption. Son désir d'enfant est viscéral et la dévore, tout comme il dévore sa relation avec Fabio. Son mari d'ailleurs, de façon classique, reprend contact avec un amour de lycée. 
Je ne vais pas m'étendre sur ce roman. Je l'ai lu avec plaisir mais au moment d'écrire ce billet, soit une dizaine de jours après l'avoir lu, il me reste la trame mais pas grand chose d'autre. La plume ne m'a pas emportée ou déroutée, l'histoire ne m'a pas parue originale. Elle n'est d'ailleurs pas écrite pour l'être. Si j'en crois mes souvenirs de l'autre roman que j'avais lu de Silva Avallone, elle décrit plutôt le quotidien, celui de la pauvreté italienne. Il m'a semblé que les destins des personnages s'entrecroisaient trop, que cela manquait de réalisme. J'ai parfois été touchée, par la relation entre Zeno et Adèle par exemple, surtout par Zeno, ce jeune homme qui attend dans l'ombre. Il y a évidemment des réflexions sur la maternité et la paternité, sur la difficulté d'être un bon parent. Et je ne suis pas sûre d'être d'accord avec un certains nombre de phrases que j'ai parfois trouvés clichés. 
Quand tu mets quelqu'un au monde, tu dois l'aimer. Le regarder dans les yeux et lui dire : Tu es en sécurité. Sinon, tu lui donnes la vie mais tu ne lui permettes pas de naître, tu le tues. 
J'ai par contre aimé la relation pourtant difficile de Fabio avec ses propres parents et ce que Fabio découvre de lui et de ses parents. Et comme souvent en ce moment, j'ai beaucoup aimé comment l'auteure parvient à décrire la force et la beauté des relations amicales masculines : 
Il l'avait tellement aimé que, c'est vrai, ça lui avait un peu tourné la tête. Le cœur battant quand il le rejoignait l'après-midi pour jouer au ballon. 

Publié le 5 avril 2018 chez Liana Levi. 391 pages. 

Merci à Canel qui m'a donné envie en désignant l'auteure comme faisant partie de ses trois auteurs préférés. 
A conseiller à ceux qui aiment disséquer les relations parentales. 

dimanche 1 juillet 2018

Mon spectacle du mois : Roméo et Juliette à la Comédie française (mise en scène d'Eric Rhuff)

L'intrigue de Roméo et Juliette, écrit par William Shakespeare, est sans doute l'une des plus connues au monde. A Vérone, les Capulet et les Montague se haïssent. Quand leurs enfants tombent amoureux lord d'un bal, c'est le début d'une succession de drames. 
Pour mon anniversaire, deux amies m'avaient offert une place de mon choix à la Comédie Française. Sans hésitation, j'ai choisi Roméo et Juliette pour deux raisons : je rêvais de voir Laurent Lafitte sur scène et j'adore cette pièce. L'une de mes amies me disait que la pièce était trop romantique pour elle et c'est vrai, peut-être que pour aimer Roméo et Juliette, il faut l'être. Moi, par exemple, je préfère la fin de Roméo et Juliette à celle de West Side Story. Rien n'est pire pour moi que de survivre à l'être aimé.  Pourtant, je ne vois pas Roméo et Juliette comme une romance, mais au contraire, comme une manière pour Shakespeare de railler les cœurs volages puisqu'au début de la pièce, Roméo est déprimé par l'indifférence de Rosaline. Et puis, il y a cette langue magnifique, dont la beauté est malheureusement intraduisible. 
Ai-je aimé cette version, la première finalement que je voyais sur scène ? Globalement, oui. J'ai beaucoup aimé l'esthétisme de la pièce, les pas de danse (surtout ceux de Laurent Lafitte, évidemment), la plupart des acteurs aussi, même si la voix de Juliette, jouée par Suliane Brahim, m'a souvent agacée. J'ai été passionnée par la première partie, très enlevée même si la scène du coup de foudre ne m'a pas semblé refléter un coup de foudre et que je n'ai jamais ressenti d'émotion. Je me suis un peu ennuyée dans la seconde, sans doute parce que les acteurs sont moins nombreux et que l'ensemble repose alors beaucoup sur Roméo et Juliette. C'est néanmoins une pièce que je vous recommande même si le fait de tronquer la fin shakespearienne la rend, à mon avis, encore plus noire. 
Vous y retrouver entre autre Michèle Lebrun, Claude Mathieu, excellente dans le rôle de la nourrice et Jérémy Lopez dans le rôle de Roméo. Jusqu'au 25/07/2018 (et étonnamment, il reste des places). 

Merci à Nathalie et Hélène. 
A conseiller aux amoureux de Shakespeare, des costumes de Christian Lacroix ou de Laurent Lafitte (bien que non barbu ici). 





Sucre noir de Miguel Bonnefroy

Le capitaine Henry Morgan aurait caché le butin de son navire échoué dans un village des Caraïbes. 300 ans plus tard, deux explorateurs v...