jeudi 29 octobre 2015

Ils sont comment les derniers films de Maïwenn et de Woody Allen?

Ils sont comment les derniers films de Maïwenn et de Woody Allen?

Disons pour commencer qu'ils ont un point commun, ils tiennent sur les épaules de deux acteurs qui jouent dans la démesure et que cette démesure leur sied à merveille. D'ailleurs, je ne suis allée les voir que pour ces deux acteurs, Joaquim Phoenix dans un cas, Vincent Cassel dans l'autre. 

Affiche L'homme irrationnel - la critique du filmDans L'homme irrationnel, Joaquim Phoenix incarne un professeur de philosophie qui arrive sur un nouveau campus américain, précédé de sa réputation. Si je vous dis que Joaquim Phoenix parvient à rester séduisant malgré une énorme brioche, vous ne me croirez peut-être pas, et pourtant... J'ai aimé ce Woody Allen parce qu'il repose sur un acteur qui ne cesse de m'impressionner, mais pas seulement. Emma Stone est comme toujours juste et le lieu dans lequel se déroule l'action, un campus américain huppé, a grandement contribué au plaisir que j'ai ressenti. C'est une réflexion très intéressante sur la différence entre nos valeurs et nos actes et sur l'attrait qu'exercent certains statuts sur d'autres (le prof d'université sur son élève, et vice-versa par exemple). Et c'est drôle. 
Sortie: le 14 octobre 2015



Etonnamment, Mon roi de Maïwenn est drôle lui aussi. Vincent Cassel y incarne un homme "larger than life" comme dirait les anglais. Il fait tout avec passion, aimer, tromper et se faire pardonner, fait preuve d'une mauvaise foi absolue et fait sombrer le personnage féminin joué par Emmanuelle Bercot dans un mal-être dont elle n'était pas coutumière. Pour moi, ce film est aussi une réussite en grande partie grâce à Cassel, taillé pour ce rôle, qui sait à la fois nous charmer, nous agacer et nous faire rire. Mais aussi parce qu'en emmêlant la douleur physique et mentale de la femme, Maïwenn réussit à donner corps à la souffrance. Et cerise sur le gâteau, elle a eu un coup de génie en donnant à Louis Garrel (Louis, je regrette tout ce que j'ai dit sur vous dans un billet précédent), le rôle du frère à la fois prévenant et drôle. Il y excelle. 
Sortie: le 21 octobre 2015


A conseiller à ceux qui aiment la démesure et les acteurs charismatiques.
Merci à ma compagne de ciné avec qui les discussions post-séances sont toujours un régal (et l'honnêteté m'oblige à avouer qu'elle fut aussi enthousiaste que moi sur le Woody Allen mais moins sur Mon Roi). 

mardi 27 octobre 2015

Les jeunes mortes de Selva Almada

En Argentine, malheureusement, le féminicide est presque devenu un sport national. 1808 femmes ont été assassinées depuis 2008. Selva Almada s'est lancée sur les traces de trois victimes, toutes mortes dans les années 1980, âgées de quinze à vingt ans. Trois affaires jamais élucidées mais avec parfois de forts soupçons pesant sur un de leurs proches, sans pour autant que le probable meurtrier soit vraiment inquiété. 

J'avais beaucoup aimé le premier roman de Selva Almade, Après l'orage. L'écriture y était très prometteuse, elle avait su créer une ambiance. Ce livre est très différent puisqu'il ne s'agit pas d'un roman et je le regrette un peu parce que je pense qu'armée de ce sujet, Selva Almada aurait pu écrire un très beau roman, sans doute bien plus fort qu'un simple témoignage sur la recherche d'une vérité. Il n'en reste pas moins que ce thème vaut la peine qu'on ouvre ce livre, que Selva Almeda est une auteure sur laquelle il faudra compter et qu'on le sent aussi dans ce livre-ci. J'ai hâte de la retrouver dans le domaine de la fiction. 

Merci aux éditions Métailié 
A conseiller à tous ceux qui oublient qu'être une femme peut encore coûter très cher. 

dimanche 25 octobre 2015

Et si...

Et si je vous disais quand-même, juste en passant que ces derniers temps, j'ai lu quelques romans de la rentrée. Inutile de s'appesantir, je me suis vite ennuyée.


Merci à Marjorie et La Bacchante pour ces cadeaux d'anniversaire. C'est quand on nous offre un roman qu'on a vraiment envie de l'aimer. Mais parfois...

dimanche 18 octobre 2015

jeudi 15 octobre 2015

Les deux amis de Louis Garel

Les Deux amisSoyons clair tout de suite, le charme de Louis Garel n'agit pas du tout sur moi. Le style beau ténébreux qui se la joue un peu (si, quand-même), c'est tout ce que je n'aime pas. Mais j'avais envie de le découvrir en tant que réalisateur. Dans son film, Louis Garel joue l'ami de Clément, figurant de cinéma fou amoureux de Mona, vendeuse à la gare du Nord. Ce qu'il ne sait pas, c'est que celle-ci rejoint chaque soir la prison où elle purge sa peine. Quand Clément demande à son ami Abel de lui dire ce qu'il pense de la jeune femme, c'est le début du dérapage car l'idée saugrenue d'Abel est de l'obliger à passer la soirée avec Clément et donc, de lui faire rater son train. 

J'aurais tendance à dire que c'est un pur film français, tout en sachant que ça ne veut pas dire grand chose pour les cinéphiles. Mais pour moi qui n'en suis pas vraiment une, ça sous-entend qu'il ne se passe pas grand chose mais qu'on suit des personnages paumés attachants et néanmoins parfois agaçants. C'est tout à fait le cas de notre trio, et surtout des deux hommes. Clément est complètement à la ramasse et si d'extérieur, Louis semble plus sûr de lui, on voit très vite qu'il n'en est rien. J'ai vu ce film décrit comme une film sur le triolisme, il faudrait peut-être vérifier les mots dans le dictionnaire avant de les utiliser. C'est un film réussi sur l'amitié masculine et sur le triangle amoureux, un grand classique du cinéma, réussi mais pas forcément indispensable. 

Sortie: le 23/09/2015

A conseiller à celles qui aiment les ténébreux paumés qui en font un peu trop. 
Merci à ma compagne de ciné. 

mardi 13 octobre 2015

Leurs contes de Perrault (collectif)

Magali Brénon et Stéphane Bou ont eu l'idée originale de proposer à onze auteurs représentatifs de la littérature contemporaine mais aux univers bien différents, de réécrire les contes de Perrault. Ce principe de réécriture est d'ailleurs le but de la collection Remake de Belfond, apparue en 2014. Ce recueil nous présente donc des réécritures, parfois très proches des originaux, parfois plus dans l'esprit de ... . mais le texte de départ est toujours reconnaissable, pour autant que je puisse en juger car il y a quelques contes de Perrault que je ne connaissais pas. 

L'un des intérêts de ce recueil, c'est que chaque auteur sait créer une ambiance bien différente de la nouvelle précédente. Ainsi, la version remaniée de Riquet à la Houppe m'a fait rire. Il fallait oser utiliser ce ton dans une réécriture de Perrault:
A peine avait-elle posé le pied sur le palier qu'elle sentit à nouveau un jus ruisseler entre ses cuisses. Elle posa son cabas, gémissant putain c'est pas vrai de transpirer comme ça ! Le temps de relever sa robe pour voir ce qui se passait à l'entresol que le truc était sorti en faisant "plop" et avait atterri dans les courses, entre les poireaux et les chips. 

Le remake de Cendrillon qui devient Cendrillon et le petit gant de soie est très proche du conte de Perrault tout en étant très original et dans l'air du temps, Nathalie Azoulai a parfaitement réussi sa nouvelle. Quant à Barbe-Bleue, Cécile Coulon en transpose l'intrigue dans un pensionnat de garçons et réussit parfaitement à créer une ambiance digne des écoles british tout en gardant les caractéristiques de sa plume acérée: 
Paul jouait mieux que personne. Il régnait sur la salle du rez-de-chaussée comme un cerbère sur les enfers, personne n'y entrait sans son autorisation, personne n'en sortait après lui, il réglait l'horloge, dispensait les cours d'un ton glacial, sans bienveillance, sans gentillesse, il les brimait, les rabaissait sans cesse et plus il enfonçait la lame, plus ses victimes gigotaient.

Stéphane Bou animait des émissions consacrées au cinéma sur France Inter, c'est ainsi que lui est venue l'idée de réinterpréter des classiques de la littérature, comme les réalisateurs le font régulièrement avec les classiques cinématographiques. Avec Magali Brénon, ils ont choisi onze auteurs à qui ils ont donné comme consigne de réinterpréter un conte de Perrault en toute liberté pourvu que le nom des personnages reste celui d'origine et qu'on retrouve la trace du titre de Perrault. Chaque auteur a choisi son conte, Gérard Mordillat fut le premier. Les contes les plus connus n'ont pas forcément été choisis en premier, Cendrillon est par exemple celui qui fut choisi en dernier. Il était prévu de suivre le même ordre qu'une édition connue pour l'ordre des contes mais l'idée d'alterner les textes qui s'éloignaient des originaux avec ceux qui restaient proches s'est imposée, tout comme celle de commencer par le truculent texte de Gérard Mordillat. 

Les auteurs sont: 
Frédéric ARIBIT- Nathalie AZOULAI- Alexis BROCAS- Manuel CANDRE- Cécile COULON- Fabienne JACOB- Hervé LE TELLIER- Christine MONTALBETTI- Gérard MORDILLAT- Emmanuelle PAGANO- Leila SLIMANI
Publié en octobre 2015 chez Belfond-  Remake-  256 p.

Antigone en fait un coup de coeur. 

A conseiller particulièrement aux profs de lettres pour qui ce recueil sera une mine mais pas seulement, bien sûr.
Merci aux éditions Belfond, plus particulièrement à Anny Poughon pour l'envoi du livre et à Magali Brénon qui a bien voulu répondre à mes questions. 


dimanche 11 octobre 2015

Et si?

Et si on repensait aux vacances d'été, juste avant de penser aux suivantes?
Souvenirs de Pont de Barret dans la  Drôme, d'un été exceptionnel (dans tous les sens du terme)...
Et envie de vous recommander le restaurant Le Smile à Rochebaudin et ses enchiladas au poulet, ses hamburgers, son carrot cake et j'en passe. Il y a environ quatre plats au menu mais ils changent régulièrement.  Et n'oublions pas le sourire des propriétaires, Caroline et Jimmy. Si vous êtes courageux, vous pouvez même faire les cinq kilomètres qui séparent Pont de Barret au Smile en courant mais ne comptez pas faire de même au retour, vous serez un peu trop lourds. Mon adresse resto de l'été. 



A conseiller à ceux qui aiment le calme et le charme de la pierre. 
Merci à mon hôte. 

jeudi 8 octobre 2015

Mathilde est revenue de Grégory Nicolas

L'idée de partir ne s'est pas imposée à moi d'un coup. Elle s'est imposée à moi, contre moi. Ca a commencé tout doucement, puis ça a grandi.

Mathilde et Jérôme sont comme de nombreux jeunes couples. Ils s'aiment et ont un enfant. Sauf que leur quotidien est vite perturbé par les pleurs incessants du bébé, puis plus tard par les otites à répétition de l'enfant. Alors un jour, Mathilde prend ses cliques et ses claques et quitte tout.

Ce roman est divisé en trois parties distinctes qui se chevauchent. La première est racontée par un narrateur externe, la seconde par Mathilde et la troisième par Jérôme. Les deux premières parties se finissent par un point culminant (je préfère le terme anglais de climax). Ce n'est pas la première partie la plus passionnante mais quand je suis arrivée à la deuxième partie, j'ai eu l'impression que ce démarrage en douceur avait été nécessaire. L'auteur est (était?) professeur des écoles et ça se sent, lorsqu'il décrit le développement moteur de Louis, on sent qu'il sait de quoi il parle et ça fait du bien. Il n'hésite pas à parsemer quelques touches d'humour bienvenues: en même temps, un prof de maternelle, y avait toutes les chances qu'il soit homo. Si comme moi, vous ne connaissez pas le sens du mot priapisme, vous irez le chercher dans le dictionnaire et sourirez sans doute, comme à la lecture de son paragraphe qui commence par C'est malhonnête d'être drôle. Il réussit à l'être, drôle mais aussi à émouvoir et il décrit très bien les lieux, la Bretagne comme les îles lointaines. Il décrit le moment qui a fait basculer la vie de Jérôme du bonheur à ce qui ne peut plus jamais en être avec brio. Il prend fait et cause tour à tour pour ses deux personnages, avec (mais peut-être n'est-ce qu'une impression) une tendresse un peu plus prononcée pour Mathilde.  Mathilde m'a beaucoup touchée et pour cause. Et puis, une femme qui appelle son amour "mon chat", que voulez-vous, ça me fait craquer ( à chacun des faiblesses). J'ai aimé la plume de Grégory Nicolas et je lui souhaite de rencontrer le succès qu'il mérite. 
Je précise que c'est un roman qui n'est a priori pas ma tasse de thé, que j'ai d'abord refusé de recevoir et que j'ai finalement dévoré comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps en période de travail. Ce roman reste à ce jour mon préféré de cette rentrée littéraire. 

Publié le 8 octobre 2015 chez Rue des promenades. 

A conseiller à ceux qui ont envie d'autres romans que ceux mis en avant lors de cette rentrée littéraire.
Merci à Grégory Nicolas. 






mardi 6 octobre 2015

Le Prodige d'Edward Zwick

Le ProdigeCe film nous raconte l'histoire de Bobby Fischer, le prodige américain des échecs, qui très tôt se passionna pour ce sport, surpassa très vite son entraîneur et n'eut qu'un seul but, battre tous les russes et devenir champion du monde. Mais si Bobby Fischer est si célèbre, c'est aussi pour ses démons. Paranoïaque, il était persuadé d'être mis sur écoute par les russes et il enchaîna caprice sur caprice lorsqu'il fut  opposé à Spassky. 

Je ne suis pas fan de Tobey Maguire mais il est parfait dans le rôle de cet homme qui aurait bien besoin d'être aidé mais qui ne le fut pas, sans doute parce qu'il était un génie dans son domaine mais aussi parce que pendant la guerre froide, seule comptait la possibilité de battre  les russes dans un domaine qui était sans conteste le leur. Toby Maguire réussit à rendre Bobby Fischer, cet homme horripilant, fragile et donc un tantinet attachant puisqu'il ne maîtrise plus rien et qu'il devient, comme le signale le titre original, le pion sacrifié. On sort de ce film en se demandant comment les masses peuvent aduler des hommes aussi antipathiques que Bobby Fischer? Est-ce dû uniquement à un patriotisme exacerbé? Comme souvent dans les biopics, on peut reprocher un manque d'originalité dans la réalisation. 

Sortie: le 16 septembre 2015.

A conseiller à ceux qui ont aimé Le Duel d'Indridason
Merci à celle qui, comme d'habitude, m'a emmenée loin de mes sentiers battus.





dimanche 4 octobre 2015

Et si...

Et si on se promenait un peu le long de la côte normande? Direction Varengeville-sur-mer, avec son cimetière marin, les vitraux de Braque, ses randonnées en forêt et le long des côtes (quand on ne prend pas le chemin dans le mauvais sens), les endroits où on n'a pas le droit d'aller (mais on s'en rend compte en remontant) et son charme très bourgeois certes, mais le charme est bien là.
On peut en profiter pour manger du poisson ou des moules à l'Auberge du relais.



A conseiller aux amoureux des balades sur les sentiers côtiers. A déconseiller aux dépressifs. 
Merci à la bacchante pour l'idée. Et à ma fidèle compagne de randonnée (et de restaurant). 

jeudi 1 octobre 2015

Boomerang film de François Favrat

Je ne suis pas fan du tout de Tatiana de Rosnay, j'ai lu deux de ses romans, en ai aimé un qui n'était pas du tout mélo et n'ai pas aimé Rose. Soyons clairs, je ne serais jamais allée voir ce film si Laurent Lafitte n'avait pas joué dedans. Après avoir vu le film, je ne suis pas sûre non plus que j'aurais aimé le roman. Mais j'ai adoré ce film. 

Affiche Boomerang : Laurent Laffite en plein drameLaurent Lafitte joue le rôle d'Antoine, un homme qui vient de se faire quitter par sa femme parce qu'il ne sait pas quoi faire des fardeaux qui l'encombrent. Depuis six mois, il voit un psy mais les rendez-vous tournent en rond puisqu'il recule toujours le moment de confronter son père. Ce père qui ne veut pas parler de la noyade accidentelle de sa femme qui eût lieu trente ans plus tôt.

Je suis allée voir ce film en ne connaissant que trois éléments: il était porté par Laurent Lafitte (et Mélanie Laurent), il était adapté d'un roman de Tatiana de Rosnay et il s'agissait d'un secret de famille. Je vous conseille de ne pas chercher à en savoir plus. Il y a des thèmes vers lesquels on est sans cesse ramené, on peut appeler ça le destin, ou se dire qu'on les remarque plus quand ils nous touchent. Ce film ne pouvait que me toucher et Laurent Lafitte y est excellent, portant le film de son talent. Audrey Dana et Mélanie Laurent sont aussi à la hauteur. Alors oui, c'est tout de même un mélo sur la fin mais ça n'a pas gâché mon plaisir parce que c'est aussi un peu un polar, d'une certaine manière. Et puis il y a le passage du Gois, acteur à part entière de ce film. Mon ado a aussi aimé.
Sortie: le 23 septembre 2015 

A conseiller à ceux qui ont besoin d'une excuse pour sortir les mouchoirs. 
Merci à mon Ado qui a le même bon goût que sa mère et adore Laurent Lafitte (pour des raisons bien différentes). 



                                                                             


Les terres dévastées d'Emiliano Monge

Ils sont une cinquantaine à vouloir traverser la frontière pour vivre leur rêve américain cette nuit-là. Une cinquantaine d'hommes, d...