jeudi 8 octobre 2015

Mathilde est revenue de Grégory Nicolas

L'idée de partir ne s'est pas imposée à moi d'un coup. Elle s'est imposée à moi, contre moi. Ca a commencé tout doucement, puis ça a grandi.

Mathilde et Jérôme sont comme de nombreux jeunes couples. Ils s'aiment et ont un enfant. Sauf que leur quotidien est vite perturbé par les pleurs incessants du bébé, puis plus tard par les otites à répétition de l'enfant. Alors un jour, Mathilde prend ses cliques et ses claques et quitte tout.

Ce roman est divisé en trois parties distinctes qui se chevauchent. La première est racontée par un narrateur externe, la seconde par Mathilde et la troisième par Jérôme. Les deux premières parties se finissent par un point culminant (je préfère le terme anglais de climax). Ce n'est pas la première partie la plus passionnante mais quand je suis arrivée à la deuxième partie, j'ai eu l'impression que ce démarrage en douceur avait été nécessaire. L'auteur est (était?) professeur des écoles et ça se sent, lorsqu'il décrit le développement moteur de Louis, on sent qu'il sait de quoi il parle et ça fait du bien. Il n'hésite pas à parsemer quelques touches d'humour bienvenues: en même temps, un prof de maternelle, y avait toutes les chances qu'il soit homo. Si comme moi, vous ne connaissez pas le sens du mot priapisme, vous irez le chercher dans le dictionnaire et sourirez sans doute, comme à la lecture de son paragraphe qui commence par C'est malhonnête d'être drôle. Il réussit à l'être, drôle mais aussi à émouvoir et il décrit très bien les lieux, la Bretagne comme les îles lointaines. Il décrit le moment qui a fait basculer la vie de Jérôme du bonheur à ce qui ne peut plus jamais en être avec brio. Il prend fait et cause tour à tour pour ses deux personnages, avec (mais peut-être n'est-ce qu'une impression) une tendresse un peu plus prononcée pour Mathilde.  Mathilde m'a beaucoup touchée et pour cause. Et puis, une femme qui appelle son amour "mon chat", que voulez-vous, ça me fait craquer ( à chacun des faiblesses). J'ai aimé la plume de Grégory Nicolas et je lui souhaite de rencontrer le succès qu'il mérite. 
Je précise que c'est un roman qui n'est a priori pas ma tasse de thé, que j'ai d'abord refusé de recevoir et que j'ai finalement dévoré comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps en période de travail. Ce roman reste à ce jour mon préféré de cette rentrée littéraire. 

Publié le 8 octobre 2015 chez Rue des promenades. 

A conseiller à ceux qui ont envie d'autres romans que ceux mis en avant lors de cette rentrée littéraire.
Merci à Grégory Nicolas. 






16 commentaires:

  1. Quand j'étais toute jeune maman, j'ai fréquenté, d'assez loin en fait, un couple avec un petit enfant dont la femme était partie, puis revenue. Je me suis toujours demandé comme l'homme gérait ça dans sa tête, au quotidien, et comment elle percevait les regards sur elle...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les regards, tu finis par les oublier, quelques soient les circonstances. Et crois-moi, le regard des autres, je sais ce que c'est.

      Supprimer
  2. Bravo, tu réussis à me faire m'intéresser à un livre que rien ne prédestinait à cela, pourtant ! ;-)

    RépondreSupprimer
  3. Tout ce que tu en dis me touche. Enfin, surtout la façon dont tu le dis. Je ne suis pas certain d'être très clair mais pour résumer j'adore la façon dont tu en parles. J'ai l'impression que sans jamais essayer de me forcer la main tu me convaincs de le lire au plus vite, comme une évidence.
    (punaise, j'ai vraiment du mal à écrire en ce moment, j'ai l'impression que ce commentaire n'a aucun sens - bon, par contre je connais parfaitement le sens du mot priapisme^^)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Jérôme. Je n'essaie pas de forcer la main parce que je ne sais pas q'il peut plaire à tout le monde mais il m'a cueillie.
      (ton commentaire a du sens et avec tes participations aux mardis, de Stephie, je ne doutais pas de ta culture en la matière.

      Supprimer
  4. Rhoooooo .......bon en plus avec un titre "brelien " .....je suis obligée .....je vais pleurer ?
    ADH

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'ai pas pleuré et je suis une grande sensible. Mais tu me diras si toi, tu pleures.

      Supprimer
  5. Ton préféré de la rentrée littéraire ? Il ne faut pas m'en dire plus pour le noter !

    RépondreSupprimer
  6. J'ai failli passer à côté de ta note .... en n'en lisant que le début ... Et cela aurait été bien dommage ! le sujet n'avais rien pour me tenter, vraiment, le quotidien d'un jeune couple avec enfant, bof. Mais ton ressenti me fait me retourner comme une crêpe. Je retiens le titre !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il faudrait que je songe à écrire la fin... au début. ;)

      Supprimer
  7. Dis donc c'est rare de te voir si enthousiaste, a priori j'ai du mal avec la thème de la mère qui abandonne tout parce qu'elle est lassée des pleurs et des otites de son bébé, vu ma décharge d'hormones actuelle, je suis sensible sur le sujet, mais dans la mesure où c'est ton seul article enthousiaste depuis longtemps, je me le note quand même (bien que ce soit un partenariat, tu vois comment j'évolue ;-)

    RépondreSupprimer
  8. Elle ne part pas vraiment pour ça, enfin je le suppose. Merci de ta confiance, ceci-dit, peut-être que tu peux attendre un peu parce que les premières mois, voire les premières années de l'enfant ne sont pas idéales dans ce livre. ;)

    RépondreSupprimer
  9. Je me retrouve tout à fait dans ce que tu dis. Je n'étais pas non plus spécialement emballée au départ, pas forcément portée pas ce genre de sujet, et puis je me suis laissée emportée et je l'ai dévoré ! Une bonne surprise.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ca fait du bien ce genre de bonnes surprises.

      Supprimer

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh/ La vie d'Adéle d' Abdellatif Kechiche

J'ai lu Le bleu est une couleur chaude à sa sortie. J'ai attendu que ma fille me parle de La vie d'Adèle , en début de mois,...