mardi 22 novembre 2016

Billet impudique
















La semaine dernière, j'allais chercher à la gare de Clermont-Ferrand celle que je pourrais appeler mon amie, que je nomme régulièrement "celle qui..." dans mes remerciements ici mais qui est en fait la femme que j'aime. Sur le chemin , devant le lycée, une affiche m'interpelle, celle de deux hommes manifestement amoureux, et je me dis "Quelle bonne idée de mettre ça devant un lycée" (en voyant une seconde affiche quelques pas plus loin, je me dirai : "Dommage qu'ils n'aient pas choisi le couple jeune pour l'affiche devant le lycée"). Je pense aux quelques marques de dégoût qui accompagneront la découverte de cette affiche, et je pense surtout à ce lycéen parisien rencontré l'hiver dernier que je n'aurai plus jamais la chance de revoir, parce que les réseaux sociaux ont participé à un coming out qu'il n'avait pas choisi et qu'il n'a pas supporté. J'ai passé presque un an et demi à comprendre la chance que j'ai d'être une femme aimant une femme et non un homme aimant un homme. Moi, la féministe, fière d'avoir transmis ce combat à ma fille, j'ai depuis plusieurs années ce sentiment que devant l'homosexualité (j'ai encore du mal à m'englober dans ce mot, me considérant plutôt comme une femme qui a un jour croisé une femme dont il était juste impossible de ne pas tomber amoureuse), nous ne sommes pas égaux. Il y a une dizaine d'années de ça, un élève m'avait confié par écrit sa difficulté à annoncer la nouvelle à ses parents. Nous avions longuement parlé, c'est lui qui m'a clairement dit que dans notre lycée, un garçon ne pouvait pas assumer sereinement son homosexualité, alors que sa soeur qui aimait les femmes, l'affichait ouvertement. Au lycée, j'ai vu des couples de filles discrètes et plus souvent, d'autres s'affichant comme une provocation. Pour la première fois cette année, j'ai vu un beau couple ni discret ni provocateur, juste deux jeunes filles bien dans leurs baskets et heureuses d'être amoureuses et je me suis dit: "Oui, on y est!". Je n'ai encore jamais vu de couples de lycéens. Tant qu'il sera impossible pour les garçons de s'afficher, nous ne pourrons pas donner de leçons aux américains sur quoi que ce soit. La prochaine élection présidentielle m'effraie (et je pèse mes mots): si nous choisissons un président dont l'électorat ne peut supporter de voir deux hommes s'aimer, alors nous n'avons pas avancé et nous ne ferons pas avancer la génération à venir. Je suis bien placée pour savoir que tout le monde peut devenir tolérant quand il s'agit des gens qu'on aime: on accepte que sa fille, que sa mère, que sa sœur aime une fille et dans la rue, les regards peuvent être curieux mais jamais malveillants (ou je porte des œillères). Je rêve d'un monde où les hommes seront enfin, sur ce plan, les égaux des femmes; je rêve qu'un jour deux garçons attendent le début de mon cours la main dans la main, comme si l'amour était la chose la plus naturelle au monde. En attendant, nous allons passer quelques jours dans une ville qu'on dit la plus romantique du monde et de  tenter d'oublier l'amertume que me procure le retrait de ces affiches dans certaines villes de notre pays. 

65 commentaires:

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    1. Décidément, tu es toujours la première à commenter les billets qui me tiennent particulièrement à coeur. ;-)

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    1. C'est la première fois que je reçois des coeurs transatlantiques.

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  3. Billet surtout courageux Valérie et émouvant ! C'est vrai que c'est une des rares situations où les femmes s'en sortent mieux que les hommes, en tout cas en apparence. Les raisons sont hélas multiples d'avoir peur des prochaines élections. J'ai connu l'époque du Général de Gaulle, je n'ai pas envie d'y retourner ... le bon vieux temps, non merci.

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    1. Je pense qu'il n'y a pas qu'en apparence, même si ben sûr, tout n'est pas totalement rose pour les femmes non plus.

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  4. Bravo pour ton courage Valérie et pour ce beau billet qui incite à la tolérance. Je croise les doigts pour les élections.

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    1. Je ne fais pas preuve de courage ici. Peut-être plus de dépit. Mais merci, Sylire.

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  5. Tiens oui, à y réfléchir, comme le dit Aifelle, les femmes s'en sortent mieux (même s'il y a encore des intolérances). Historiquement aussi, je crois le savoir. Les ennuis de Wilde, je ne pense pas q'une femme les ai connus (ou alors on l'a enfermée quelque part dans sa famille)
    Beau billet qui fait réfléchir, la miss!

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    1. Merci, Keisha. C'est exactement mon but: faire réfléchir.

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  6. Venise... :) que dire en réaction à ce billet... Je crois en effet que l'homosexualité masculine est beaucoup plus cachée, pourquoi? Je ne sais pas... ce qui est paradoxal c'est que cela ne devrait plus être un problème, mais en milieu scolaire c'est encore plus difficile, les ados peuvent être très blessants et s'avérer pour certains très peu tolérants.

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    1. Oui, blessants et lourds. Quand la machine des moqueries est enclenchée, il est difficile de l'arrêter et ça fait peur.

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  7. Quelle est cette ville la plus romantique du monde ? Il doit y avoir de la concurrence. Je crois qu'il y a les personnes franchement homophobes et pour elles, que le couple soit masculin ou féminin ça ne fait pas de différence. Et puis, il y a ceux qui trouvent ça comment dire, pas normal , sans pour autant vouloir du mal aux homos. Manque d'ouverture d'esprit, de culture, de voyages...et là le souci c'est qu'on retrouve peut être la société dominée par les hommes, le pouvoir, la compétition. Alors 2 hommes ensemble c'est honteux, mais 2 femmes ensemble, c'est excitant, surtout si elles sont jeunes et jolies...je crois vraiment qu'il y a de ça. Perso, rien ne me choque, on est en 2016, il y a des hétéros, des homos, des bissexuels et c'est parfait ainsi, on est libres et puis en plus on ne choisit pas...qu'on se pose des questions morales ou sociétales sur les enfants dans les couples homos, je le comprends et c'est normal, mais que les couples homos, leurs droits, leur place, le mariage et tout le reste, franchement quelle misère...on est en 2016 et on recule, aux USA et en France en 2017...

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    1. La campagne de sensibilisation m'a donné le faux espoir qu'on avait avancé, ce fut la douche écossaise quand j'ai entendu les demandes d'interdiction des mairies.

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  8. Je me permets de venir te dire que je trouve ton billet très fort. Je l'ai lu juste le même jour que j'ai vu cette vidéo que as peut-être déjà vu mais qui m'a énormément touchée car je ne supporte pas les réactions homophobes que l'on voit malheureusement toujours : https://www.facebook.com/Channel4News/videos/10154270962066939/?pnref=story
    Bonne route à toi, qu'elle soit heureuse!

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    1. Merci, Enna pour le message et le geste que j'apprécie à sa juste (grande) valeur. Je ne connaissais pas cette vidéo, merci du partage.

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  9. Mon Dieu qu’il est beau ce billet tout sauf impudique ! Je laisse juste ce commentaire sans intérêt pour te dire à quel point il m’est impossible de trouver des mots à la hauteur de ce que tu as écris. C’est magnifique et tellement vrai.

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    1. Un message qui touche ne peut être sans intérêt. Merci Jérôme.

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  10. Je trouve ton billet très pertinent Valérie, et moi aussi ces élections présidentielles me font peur : on se focalise beaucoup sur qui on veut "sortir" (notamment des primaires, mais pas que) et pas sur le discours rétrograde, voire obscurantiste, de certains qui restent dans la course.

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  11. Il y a 20 ans quand j'ai décidé d'assumer mon homosexualité, il était inconcevable que deux filles (et encore moins deux garçons) se tiennent la main au lycée, ni même à la fac... Aujourd'hui je suis fière de cette jeune génération qui s'assume de plus en plus tôt. Et j'ai mal pour celui ou celle qui souffre en silence, apeuré par ce type de décisions débiles, par des manifs bleu pour les garçons et rose pour les filles, par le programme de certains hommes (et femmes malheureusement) politiques qui se disent "républicains"... Mais j'ai aussi envie de dire que depuis 20 ans, les choses ont bougé, les moeurs aussi. Aujourd'hui, je suis pacsée, je vais me marier : mon épouse pourra hériter de moi, nous pouvons acheter ensemble etc... Et surtout depuis un an nous sommes mères d'un petit garçon. Et nous n'avons jamais rencontré de regards réprobateurs, de difficultés: du gynéco en passant par le notaire, l'agent immobilier, le patron musulman du PMU d'en bas, nos patrons, notre famille etc... La plupart (de gauche et de droit)sont d'ailleurs très étonnés que nous soyons obligées de nous marier pour que je puisse adopter mon fils.
    Certains politiques se trompent de combat : aujourd'hui la société a positivement évolué sur la question, si ce n'est quelques excités religieux; qui savent se faire entendre alors que ce n'est pas la majorité...
    Mais effectivement, le temps est au repli sur soi, au rejet de l'autre... Alors dimanche, je ferai ce que je n'avais pas envisagé de faire une seconde : j'irai voter au second tour des primaires de droite. Car je n'ai pas envie de croiser les doigts et de prier... j'irai voter pour que le moins conservateur représente la droite et pour que si jamais il est élu président de la république, je puisse adopter mon fils.
    (et que des jeunes garçons puissent enfin se tenir la main au lycée...)

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    1. Merci pour ce message, la mangeuse de plastique. C'est toi qui m'a appris qu'hors mariage, seule une des mères est légalement mère de l'enfant et c'est affolant. Il reste du chemin à faire. Félicitations à toutes les deux pour ce futur beau moment et je vous souhaite beaucoup de grands et petits bonheurs partagés à trois.

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  12. C'est beau ce que tu dis Valérie :) Je t'embrasse fort et te souhaite un beau séjour en amoureuses.

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  13. t'es la meilleure, baby

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  14. Merci pour ce beau billet qui suscite le réflexion. Il est vraiment émouvant.
    J'ai partagé ces affiches sur FB et une amie me faisait remarquer qu'il manque des couples hétéros. En effet, c'est une campagne de lutte contre le Sida et pas contre l'homophobie. Du coup, moins de place pour la mauvaise foi et la polémique aurait peut être pris une tournure différente.

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    1. La campagne est volontairement axée sur les gays où la recrudescence du sida, pratiques à risques sans capote est très à la hausse.

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    2. Oui, je comprends. Mais du coup, ça participe de l'idée reçue qui a encore la vie dure chez certains que ce n'est pas une maladie d'hétéro. C'est ça que je trouve dommage. Et je me dis aussi que s'il y avait eu des couples hétéros sur les affiches, la mauvaise foi de certains aurait peut être été plus difficile à tenir.
      PS: désolée pour la dernière phrase du commentaire précédent qui n'a pas de sens.

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    3. Je viens d'ailleurs d'écouter une émission scientifique très intéressante sur le SIDA cet après-midi sue France Culture. Effectivement, les jeunes gays sont toujours des cibles plus à risques parce qu'ils ne se protègent plus beaucoup (si on compare avec les années 80-90).

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    4. saxaoul : je suis d'accord avec vous. Et avec Valérie (de toutes manières on est tous d'accord !). Il y a un fait scientifique : dans les pratiques sexuelles, celle qui est la plus grande porte ouverte au virus est la sodomie. Et c'est une pratique beaucoup plus répandue chez les gays que chez les hétéros. ce ne sont pas des clichés mais une réalité. D'où cette campagne ciblée. Car ajoutons à cela que comme les moeurs, le traitement médicamenteux du Sida a beaucoup évolué et positivement. Aujourd'hui un séropositif avec un bon traitement peut ne pas transmettre la maladie... Bref, les plus jeunes (et d'autres) ont tendance à croire qu'on ne meurt pas du Sida et qu'on vit très bien avec... (dans les années 80-90 c'était le contraire mais on voulait défier la mort...aujourd'hui c'est l'inverse).
      Et là je pense à mon pote A. qui a 37 ans, séropo depuis ses 20 ans, virus déclaré il y a 7 ans et qui enchaine cancers, chimio, traitements aux multiples effets secondaires, sans parler de l'aspect psy.
      Alors oui pour cette campagne (et non aux filles toutes nues qui mangent des yaourts)

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  15. Les mentalités n'avancent pas aussi vite qu'on le voudrait.

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    1. Non et elles avancent différemment selon les groupes.

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    2. Je serais plus optimiste que vous... Les mentalités évoluent positivement sauf chez les réacs (on l'a encore vu dimanche...) qui seront toujours contre l'ivg, l'homosexualité, le divorce etc... Eux, ils sont figés dans un temps révolu. Ce qui a changé, c'est la place notamment médiatique qu'on leur accorde et qui a commencé avec le mariage pour tous. Ils sont fort en communication, unis et montrent qu'ils sont un vrai électorat

      (désolée Valérie de squatter ton mur !)

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    3. Pas de problème, fais comme chez toi, c'est fait pour ça. ;-)
      Bien sûr que ça avance mais ce qui me pose problème, c'est que des réacs, il y en a beaucoup chez les ados garçons et ça, ce n'est pas seulement une impression, je le constate au quotidien.

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  16. Très beau billet, pudique, tellement plus que les réactions des anti... Finalement, ôter les affiches a fait parler d'elles encore plus, un mal pour un bien ?

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    1. Merci, Yv. J'aurais préféré que cela n'aie pas tant fait parlé, ça aurait été plus prometteur sur l'évolution de la société mais ça a au moins eu le mérite de situer certains maires sur l'échelle de la tolérance.

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  17. Rien n'est perdu, je veux croire que le battage médiatique ne fait qu'amplifier les voix d'une minorité, et que la majorité silencieuse à vu les affiches sans s'offusquer...il faut continuer le combat de la tolérance, même si l'epoque ne s'y prête pas beaucoup, et des billets comme le tien y contribuent très bien. Merci !

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    1. Merci Mathilde! J'espère comme toi que la majorité ne fut pas choquée mais en voyant l'affiche, j'ai pensé que de nombreux lycéens allaient grimacer devant cette affiche.

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  18. Très beau billet pudique et qui m'a beaucoup plu. Je te bise.

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  19. Très beau billet, mais c'est drôle, j'ai toujours pensé que c'était plus facile pour les hommes (je connais plus d'hommes homos que de femmes, et ils sont très à l'aise avec ça, ce qui fausse sans doute mon avis). Je n'ai jamais compris, mais vraiment jamais, ce que la sexualité des uns pouvait faire aux autres. Pour moi, l'important c'est l'amour, c'est que les gens soient heureux, et on n'est pas tous heureux de la même manière (et c'est très bien ainsi). J'espère comme toi qu'un jour, plus personne ne sera choqué de voir que les autres sont différents (dans leur sexualité, mais ça marche aussi avec la couleur de peau, la religion etc.) Je crois que la société évolue, mais hélas très lentement et il y en a toujours quelques-uns, ceux qui aboient le plus fort mais ne sont pas les plus nombreux ou les plus représentatifs des peuples, pour repartir en arrière, hélas.

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    1. Peut-être que cela dépend du milieu dans lequel on les côtoie. C'est sans doute plus facile dans les milieux artistiques. J'avais espéré que ça l'était aussi dans les lycées parisiens, il semble que ce ne soit pas toujours le cas.

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  20. Ton billet est très joli, Valérie. Je partage également ma vie avec une autre femme et je fais quotidiennement le même constat que toi : c'est plus facile de s'assumer pour nous ... Mais les choses changent un peu. Le semaine dernière, au collège, un élève a été renvoyé après conseil de discipline à cause d'attaques verbales homophobes répétées envers un autre garçon ... C'est une toute petite chose mais c'est tellement encourageant que les collègues et la direction ne laissent plus systématiquement passer ce genre de mots qui blessent !

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    1. En effet, c'est extrêmement important de ne pas faire comme si on n'entendait pas ce qui était dit près de nous, c'est aussi notre rôle d'adulte de dire ce qui ne se fait pas, quitte à passer pour un vieux c... .

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  21. Très touchée par ton billet, Valérie.

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  22. Bien dit ! J'enseigne au lycée aussi et je partage tout ce que tu dis sur la grande difficulté qu'ont les garçons homo plus que les filles... Bises de Sandrion

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  23. Peutêtre auras tu envie bientôt de renoncer à la périphrase "celle qui ..." pour l'appeler par son prénom, tout simplement ?
    Dans mon milieu professionnel, parisien de surcroît, l'homosexualité est extrêmement bien acceptée. Je dirais même que c'est un non événement ! Est ce pour cela que j'ai toujours envisagé comme tres banale l'hypothèse qu'un ou plusieurs de mes enfants soit homo ? J'ai souvent pris des précautions oratoires pour ne pas " genrer" mon discours sur leur futur du point de vue amoureux , ne pas plaquer de présupposés sur leur vie amoureuse à venir

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    1. J'ai moi aussi fait très attention à ce que je disais à mes enfants, sans imaginer que finalement, ce n'est pas eux qui profiteraient de cette tolérance enseignée mais moi. ;-)

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    2. Eh oui, on va dire que tu as récolté la tolérance...que tu avais semée ? ;-)
      Bonne année, beaucoup de bonheurs ...

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  24. Très joli billet à ton image.Courageuse aussi. Je suis émue à la lecture de ton billet. J ose t embrasser.

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  25. Merci Mrs B. Je t'embrasse aussi et je suis bien contente de t'avoir retrouvée sur la toile.

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    1. Merci, ManU. C'était un billet important pour moi, peut-être le plus important de ce blog.

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  27. Avant hier soir, une jeune fille de ma connaissance est venue me voir. Elle voulait me confier qu'elle aime les filles, qu'elle est en accord avec elle-même pour cela.
    Mais qu'elle a peur de le dire, qu'elle a peur d'être jugée, d'être rejetée par sa famille dans laquelle la religion condamne fermement l'homosexualité.
    Moi aussi je rêve d'un monde dans lequel on pourra aimer librement sans avoir à subir le regard et le jugement des autres.
    Et sous cet angle-là, en y réfléchissant bien, c'est sans doute bien plus difficile pour les hommes, puisque forcément cela remet en question toute la notion de mâle dominant sur laquelle notre société repose.
    Ce matin, avec mes élèves, nous avons travaillé sur des affiches de films d'amour et constaté que leur manuel ne proposait que 4 couples hétérosexuels. Nous avons regardé celle de la vie d'Adèle et celle de Brokeback Mountain et en effet, les réactions ont été plus fortes sur la seconde...
    C'est un très beau billet. Et je trouve très beau l'amour qui se dessine entre les lignes. Plein de bonheur à toi.

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    1. Ce fut un très bel amour. Et le bonheur reviendra. :)

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L'art de perdre d'Alice Zeniter

Ce qui est écrit nous est étranger et le bonheur nous tombe dessus ou nous fuit sans que l'on sache comment ni pourquoi, on ne saura ...