dimanche 11 décembre 2016

Petit Pays de Gaël Faye


En 1992, Gabriel vit au Burundi avec ses parents et sa petite soeur Ana dans le quartier des expatriés, son père étant français et sa mère rwandaise. Quand ses parents se séparent, Gabriel vit son premier traumatisme. Gabriel raconte les rivalités et les amitiés entre les enfants de sa rue mais aussi la découverte qu'il n'est pas seulement un être humain mais un fils de, en l'occurrence pour lui, de français et de Tutsi. 

L'une des forces du roman de Gaël Faye réside à mon avis dans sa façon d'évoquer son ancien pays, à coup de métaphores qui font très couleur locale comme lorsqu'il parle d'enfants "hauts comme trois mangues". C'est un texte qui se prête très bien à l'oral et honnêtement, je pense que je ne l'aurais pas fini si je l'avais lu et non écouté. Ce qui ne signifie pas que je ne l'ai pas aimé mais c'est le dernier quart qui a fait pencher la balance, celui qui commence avec le récit de la mère de Gaby revenue du Rwanda, son pays d'origine et qui montre d'un autre côté comment les enfants reproduisent la guerre des adultes. C'est  le personnage de la mère que j'ai préféré et cette partie du livre est très forte. Parce que l'auteur lit bien, que ses phrases ont un côté exotique qui nous transportent en Afrique, j'ai pris du plaisir à écouter ce roman même si je ne l'ai pas trouvé palpitant ou aussi original que je m'y attendais. Gaël Faye rappelle souvent que ce n'est pas un récit autobiographique et d'ailleurs, dans l'entretien, il explique en quoi sa perception de cette époque funeste de son pays d'origine fut très différente de celle de son jeune protagoniste. L'entretien est d'ailleurs très intéressant, j'ai aimé que l'artiste nous parle de sa difficulté à lâcher prise: on ne reprend pas une lecture comme on peaufine l'enregistrement d'un album et il lui a fallu faire parler des personnages avec sa voix alors que leurs voix à eux étaient très présentes dans sa tête (et qu'ils s'expriment d'ailleurs dans la langue du Burundi quand il les entend). 

Prix du Roman FNAC- prix du premier roman- Prix Liste Goncourt/ Le choix de l'Orient- Prix Goncourt des lycéens
Suivi d'un entretien avec l'auteur
Date de parution : 
30 Novembre 2016

Durée : 
5h40



Merci à Audiolib.
A conseiller à ceux qui aiment les romans d'initiation. 

20 commentaires:

  1. Toujours sur ma LAL mais pas encore eu l'occasion de le lire. Je me demande si je ne vais pas tenter la version Audiolib tiens.

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  2. Je lis ta critique en diagonale, j'espère le lire prochainement ^^

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  3. Houla, non, pas du tout pour moi. Par contre, j'ai appris qu'il était aussi chanteur et pour l'avoir vu une fois à la télé, je l'ai trouvé très sympa et très intéressant.

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    1. On le sent sympathique et intéressant dans l'entretien qui suit la lecture.

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  4. Je pense que je l'écouterai également, vu ce que tu dis de l'interprétation.

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    1. Ca ne m'étonnerait pas qu'il soit sélectionné pour le prix Audiolib.

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  5. Tiens, je n'aurai pas parler de roman d'initiation. Mais pourquoi pas.

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    1. Tu sais, pour moi, dès que c'est un narrateur enfant qui vit une expérience, j'appelle ça un roman d'initiation. Mais tu as raison,ce n'est peut-être pas le terme adéquat.

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  6. Ah bah mince tu as été déçue... Peut-être est-ce le risque quand on lit un livre encensé par tous...

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    1. C'est certain. Je ne regrette pas pour autant cette lecture car j'avais envie de le découvrir depuis qu'il a eu son premier prix.

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  7. il est dans ma PAL depuis la rentrée mais elle devient sinistrée à force d'accumulation
    Je vais le récupérer demain à la bibliothèque, je le dégusterai pendant les fêtes

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  8. J'ai, pour ma part, été vraiment intéressée à partir du moment où il est question de la guerre. Mais le début est un peu long...
    Ces entretiens en fin de livres audios sont très souvent intéressants. Ils permettent de mieux comprendre l’œuvre et les intentions de l'auteur.

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    1. Je suis d'ailleurs déçue quand il n'y a pas d'entretien. Je le souviens que pour le dernier De Vigan, ça m'a permis de mieux le comprendre. Je crois que la seule fois où j'ai été agacée par l'entretien, c'était pour le gros succès de Grégoire Delacourt, je l'ai trouvé insupportable.

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  9. Je me méfie un peu du bruit médiatique, mais je le lirai peut-être.

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  10. Je pense que je le lirai, tout ce que j'ai lu dessus jusqu'à présent m'en a donné envie en tout cas.

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    1. Je te conseille de te laisser tenter dans ce cas.

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  11. Toujours pas lu mais ça sera une de mes lectures de 2017, curieuse je suis !

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  12. http://youtu.be/xoJDS4X2cBk

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