jeudi 22 juin 2017

Je dansais de Carole Zalberg

Tu es ma terre neuve et exaltante, entends-tu? Je te parcours , je relève et dessine tes reliefs, ta cartographie. Tout est familier, tout est inconnu, changeant, merveilleux. Je suis heureux dans mes moments que j'appelle mes explorations, et ta passivité, je crois, n'est pas aussi hostile qu'à l'accoutumée. 

Parfois, on achète un roman parce que le précédent roman de l'auteure nous avait plu. On ne lit pas trop les billets dessus pour ne rien déflorer, on voit juste que ce roman plait beaucoup et ça suffit. Puis on entre dans une librairie d'Orléans, Les Temps Modernes pour les citer, et on trouve la libraire tellement sympa (il faut dire qu'on est très bien accompagnée aussi) qu'on se dit que c'est là qu'on va l'acheter, le dernier Zalberg. Et une fois bien rentrée en Normandie, comme il fait chaud et qu'on n'est plus vraiment habituée à travailler intensément depuis un mois et demi, on fait des pauses sur le transat, histoire de se détendre entre deux séances de préparation de rentrée. Enfin, ça, c'est ce qu'on croit!

Parce que bien évidemment, pour se détendre, il y a mieux qu'un roman qui alterne les voix d'un homme qui séquestre une jeune ado et la viole, de sa victime et du chœur des jeunes filles qu'on viole et maltraite à travers le monde. Je pourrais vous dire que c'est un beau roman mais qu'il n'est pas pour moi. Alors, ça, c'est sûr, il n'est pas pour moi, je vais être violente mais je l'ai détesté, ce roman, j'ai détesté qu'on transforme la voix de cet homme en belles phrases décrivant l’innommable. Cette phrase citée plus haut, belle si elle est décrite par un amant devient terrible dans les mots d'un violeur. C'était à la limite de ce que je pouvais supporter. Pourtant, j'ai fini par lâcher ce roman pour une autre raison, j'ai trouvé que finalement, c'était creux, que ça tournait en rond. Bref, j'ai fini par m'ennuyer, ce qui est un comble vu ce que je ressentais au début. Je sauverais une scène, celle de la robe à l'école qui symbolise bien le problème des robes en général. Eh oui, nous les filles, si on ne veut pas être embêtée, nous n'avons qu'à mettre des pantalons, c'est tellement évident! 

Ne voyez pas dans ce billet une rancœur contre vous, lecteurs, qui l'avez aimé, ni contre l'auteure et son talent que je ne remets nullement en cause (Feu pour feu m'avait ravie, malgré la dureté du thème). Je ne suis pas une petite nature et la beauté de l'art est de ne pas laisser insensible. Je ne l'ai pas été. 

Publié en févier 2017 chez Grasset. 150 pages que je ne suis pas parvenue à finir.

Un livre que je ne saurais conseiller à quiconque et que je me garderais bien d'offrir. 


17 commentaires:

  1. Voilà, c'est dit. Et je comprends que tu le gardes (le jetteras-tu?)

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    1. Je pense le déposer dans la cabane à livres du village avec un post-it pour prévenir.

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  2. Bizarrement (alors que j'ai plutôt aimé ce roman) je comprends ce que tu dis, car j'ai ressenti dans les premières pages un sentiment de rejet profond... (la découverte du sujet peut être assez violente je trouve)... Dommage effectivement pour le moment de détente !!

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    1. Je l'ai ressenti comme toi, ce rejet profond, mais il ne m'a pas quittée.

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  3. Impossible pour moi de lire sur le viol. Alors, encore moins de cette façon-là.

    Je n'avais pas compris que c'était LUI qui parlait dans la citation. J'ai envie de vomir.

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    1. Je vais t'avouer que j'ai failli écrire que ça m'avait donné envie de vomir mais j'ai trouvé ça un peu violent dans le cœur du billet.

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  4. Je n'ai jamais lu cette auteure! Et cela ne se produira pas avec ce titre!!

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    1. Feu pour feu est une réussite totale.

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  5. J'ai eu le même ressenti que toi. Seuls les choeurs ont sauvé ma lecture.

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    1. Ah bien, en lisant ton billet, je pensais que tu avais aimé davantage.

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  6. Euh ba je crois que je vais m'abstenir!

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  7. Typiquement le genre de roman qui me fait fuir à toutes jambes.

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    1. J'éviterai aussi le thème désormais.

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  8. Tu réponds aux questions que je me suis posée en voyant passer certains billets sur ce livre. Je pense qu'il n'est pas pour moi du tout non plus. C'est un point de vue intenable à mes yeux.

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