jeudi 5 avril 2018

Misérables ! de Michel Quint

... Ou juste marre des solitudes incompatibles, de ne pas être foutue de se contenter de la vie simple, d'avoir envie de pirates, d'enlèvements, d'éléphants et de palais orientaux, et de destins passionnés. D'être restée une sale gamine avec des audaces. Putain d'Emma Bovary. 

Laurent était policier. Depuis quelques années, il ne l'est plus mais tente de retrouver des bénéficiaires de police d'assurance qui n'ont jamais été distribuées, même des dizaines d'année après le décès du souscripteur. Il est cette fois à la recherche d'un certain Freddy qui avait une vingtaine d'années dans les années soixante-dix et qui vivait à Calais. La riche Henriette Benson, qui ne semble avoir aucun lien avec la famille plus que modeste de Freddy lui a légué une belle somme. Mais la piste semble s'arrêter en 1981, juste après l'élection de Mitterand. 
Je n'avais jamais lu de roman de Michel Quint. Je savais bien sûr qu'Effroyables Jardins, l'un de ses romans, avait été adapté au cinéma mais ça s'arrêtait là. J'ai pris plaisir à avancer dans ce roman, à découvrir Calais, ce Calais qui semble décliner à un point qu'on finit par se demander comment cette ville va se relever. Michel Quint nous emmène en parallèle dans les années quatre-vingt et il me semble que cette élection est un marqueur qui revient de plus en plus souvent dans les romans, comme le symbole de l'espoir en une classe politique qui ne reviendra plus jamais. J'ai d'ailleurs appris dans ce roman que les enseignants certifiés et agrégés avaient été de grands perdants de cette élection. Ce n'est sans doute pas le roman de l'année mais j'ai apprécié côtoyer ces personnages mis dans des situations un peu clichés de manière intentionnelle comme la fin que l'auteur compare avec une fin de roman d'Agatha Christie et c'est vrai qu'il y a de ça. L'histoire entre le héros et celle qui va le seconder est grosse comme une maison mais on n'aurait pas voulu qu'il en fut autrement. Et puis, bien sûr, il y a cette description de l'univers des migrants, qui ne laisse pas indifférent. 

Pulbié le 1er mars 2018 chez Phébus. 304 pages.

Merci à la librairie Dialogues et à son club Dialogues Croisés.
A conseiller à ceux qui veulent découvrir Calais (j'avoue que je suis très curieuse de savoir ce qu'en pensent les calaisiens). 

13 commentaires:

  1. C'est un auteur que je n'ai pas relu depuis "Effroyables jardins". Pourtant j'avais aimé, mais pas vraiment eu l'occasion.

    RépondreSupprimer
  2. Je n'ai lu qu'une fois Michel Quint et j'en garde un bon souvenir alors pourquoi pas...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne te sens pas emballé quand-même! ;-)

      Supprimer
  3. Cela fait des années que je veux découvrir Effroyables Jardins...

    RépondreSupprimer
  4. Malgré quelques clichés, il t'a plu.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Absolument et je pense que les clichés sont intentionnels.

      Supprimer
  5. J'ai lu effroyable jardin mais je ne m'en souviens plus et du coup, je ne suis pas attirée par ce roman-là non plus

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. IL y a tant de romans dont je ne me souviens qu'à peine.

      Supprimer
  6. c'est un auteur dont je dévorais tous les livres il y a quelques années et que j'ai abandonné... je le relirai volontiers, pourquoi pas avec ce titre. J'adore son écriture.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Son écriture est assez reconnaissable, me semble-t'il, dans ce roman en tut cas.

      Supprimer
  7. Je suis curieuse, j'adore cet auteur...!

    RépondreSupprimer

La disparition de Josef Mengele d'Olivier Guez

Josef Mengele arrive en Argentine en 1949, libéré, pense-t'il, des menaces qui pèsent sur lui, le médecin d'Auschwitz, en Europe....