jeudi 18 août 2016

le GR34 de Saint Brieuc à la pointe de l'Arcouest

Une idée nous était venue à la fin de l'été dernier, celle de parcourir une partie du GR 34, en plusieurs étapes. Pas facile de trouver des étapes correspondant à une distance que nous nous sentions capables de faire en quatre jours, c'est pourquoi je vous propose notre parcours qui donnera peut-être des idées à ceux qui ont envie de découvrir une partie de la côte bretonne à pied. L'ensemble fait environ 90 kilomètres et il a parfois fallu s'éloigner un peu du GR pour atteindre notre logement réservé à l'avance. 

Jour 1 : Saint Brieuc- Binic
Nous sommes arrivées la veille et avons dormi dans une grande maison bretonne, la maison de Bénédicte, tenue par une dame charmante qui a accepté que nous laissions la voiture chez elle le temps de notre randonnée. Nous avons parcouru les vingt-cinq premiers kilomètres avec un grand plaisir, profitant de la vue, sans râler au détour des côtes qui nous ont permis de bien faire travailler nos fessiers dès le début (mais on les avait conditionnés avant). Par mégarde, nous avions choisi un hôtel excentré de Binic et pour cette raison, nous vous déconseillons de faire le même choix. Pensez à bien vérifier où se trouvent exactement vos points de chute, trois kilomètres en fin de journée peuvent durer une éternité. Le midi, un arrêt à la crêperie Mamm Gozh à Plérin ne devrait pas vous décevoir: le cidre et les galettes sont excellents et l'accueil vraiment sympa. 

Jour 2: Binic- Plouha
Le départ de Binic est un très beau moment. C'est sans doute l'étape qui monte et donc redescend le plus, mais marcher le long des falaises de Plouha est un pur bonheur. C'est mon étape préférée même si c'est aussi celle où j'ai commencé à souffrir d'ampoules aux pieds (la solution serait-elle de prendre des chaussures plus grandes que ma pointure? Je suis prête à avoir l'avis de randonneurs sur la question). C'est le seul jour où nous nous sommes un peu perdues sur le GR 34 mais nous avons finalement retrouvé la côte qui n'est jamais bien loin du GR. Je précise que nous n'avons ni profité de la plage nudiste et libertine, ni vu quoique ce soit de louche en la longeant du haut de la falaise (donc si vous y allez juste pour l'inscription sur le panneau, attention à la déception). Nous avons vu de magnifiques plages presque désertes (et se tremper les pieds dans l'eau fraîche est bien utile pour les faire dégonfler). Le midi, le repas fut pris aux Cochons flingeurs, à Saint Quay Portrieux, un lieu très coloré qui possède un vrai charme et pour couronner cette journée, nous avions réservé une chambre d'hôte appartenant aux gîtes de Keregal, spacieuse et très belle, tenue par une bretonne d'adoption charmante qui apporte le copieux et délicieux petit-déjeuner dans un panier; la chambre est idéalement située pour les randonneurs. Soyons clairs, la découverte des chambres d'hôtes et des hôtels choisis a fait partie intégrante du plaisir de cette rando. 
la sortie de Binic
parfois les indications officielles ne disent pas l'essentiel
                                                     

Les plages bretonnes semblent plus désertes que libertines. 


                                                            
                les gîtes de Keregal, notre coup de coeur


Jour 3: Plouha- Paimpol
Rien de spécial à signaler si ce n'est que les décors sont toujours magnifiques mais que mes pieds me font souffrir. Nous mangeons à Plouezec dans un resto ouvert toute la journée; c'est son point fort. Le reste ne mérite pas que je le nomme. Nous dormons dans la chambre d'hôte la moins chère de ce parcours, chez l'habitant mais les personnes qui nous reçoivent à la Villa des Hortensias sont à la fois chaleureux et discrets et la chambre est toute mignonne. Attention, si la chambre d'hôte se situe à Paimpol sur le papier, elle en est en fait éloignée mais accessible en faisant un détour qui ne nous a pas paru difficile et nous a permis de découvrir les terres bretonnes. 

Jour 4: Paimpol- La pointe de l'Ascouet
Le matin, nous marchons dans les terres, découvrons un château. Puis nous reprenons le GR 34 qui longe la mer. Nous mangeons à Paimpol, petite ville séduisante. Vous n'aurez que l'embarras du choix pour trouver un restaurant. 

Cette dernière journée n'est pas la plus longue et l'arrivée à notre hôtel où nous avons décidé de nous faire plaisir pour nous récompenser de nos efforts vaut bien tous les kilomètres parcourus (que nous ne regretterons jamais, ni pendant l'effort, ni après). Nous voici aux Terrasses de Bréhat, face à l'île de Bréhat, dans un décor magnifique. Le petit-déjeuner face à la mer fut un régal, autant pour les yeux que pour les papilles. Le cinquième jour, nous avons pris le Tibus pour rejoindre Saint-Brieuc. 
                                                                             
                                                                      

Cette randonnée itinérante fut une première pour moi qui n'avait jamais marché plus de trois ou quatre heures et jamais parcouru autant de kilomètres en quelques jours. Heureusement, j'ai bénéficié de l'expérience de ma compagne de randonnée qui avait elle longé les côtes du Nord de la France et le temps, souvent couvert mais pas pluvieux était parfait. Pour partir dans de bonnes conditions, il faut bien sûr des cartes IGN, un sac avec le minimum vital (dont des pansements, une épingle pour crever les ampoules et une pince à épiler  à cause des tiques; nous n'avions pas pensé à ça mais nous avons trouvé de l'aide là où nous logions) et bien sûr, de l'eau. Il faut aussi penser à prendre une deuxième paire de chaussures car à l'arrivée, on ne pense qu'à quitter les baskets. D'autre part, il faut bien se préparer physiquement (marche ou course mais aussi des exercices de renforcement musculaire mettant à contribution les fessiers et les cuisses et sur ce plan là, nous étions sans doute très bien préparées car si la fatigue s'est parfois fait sentir en fin de parcours, si mes pieds ont beaucoup souffert, nous n'avons jamais eu mal aux jambes). Et puis, et c'est peut-être la partie de la plus agréable de la préparation, il faut parcourir les étapes sur la carte, pour s'assurer des distances et si comme nous, vous aimez souffrir mais être récompensés par un bon repas ou une bonne nuit, prévoir les arrêts pour ne pas vous retrouver au milieu de nulle part en fin de parcours ou le midi. 
Nous n'avons qu'une envie, reprendre ce GR 34. 

Merci à ma compagne de randonnée pour les kilomètres parcourus, les bavardages qui font défiler les kilomètres tellement plus vite et les indispensables massages de pieds le soir. 
A conseiller à tous ceux qui pensent encore que les bretons en font trop quand ils nous déclament leur amour pour leur pays. Quelle région magnifique! 





16 commentaires:

  1. En tant que bretonne qui en fait de trop quand elle déclame son amour pour son pays, je suis ravie de votre enthousiasme à toutes les deux. J'espère que vos pas vous mèneront jusqu'à chez moi une prochaine fois (j'habite aux pieds du GR34).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai très envie de le faire dans son intégralité mais j'espère que tu n'es pas trop pressées, parce qu'au rythme de 90 km par an avec vos côtes escarpées, nous ne sommes pas arrivées jusqu'à toi de sitôt. ;-). Mais ce serait avec plaisir.

      Supprimer
  2. Beau parcours malgré quelques soucis, bravo ! Je n'ai jamais fait de la marche en Bretagne, on m'a dit qu'il existait des formules avec transport de bagages d'un point à un autre.
    Pour les ampoules, il vaut mieux emporter des compresses appropriées au cas où, sans percer l'ampoule, ça soulage vraiment (et éviter les chaussures ou chaussettes neuves). Je recommande la pince à tique plutôt que la pince à épiler, pour éviter l'écrasement qui peut être nocif (vu les risques de maladie de Lyme, c'est devenu un outil nécessaire).
    Dans le Midi, nous sommes déjà aussi arrivés sur une plage de nudistes sans le savoir, c'est plutôt bizarre de la traverser tout équipés ;-)

    RépondreSupprimer
  3. La traversée de plage de nudistes m'est arrivée en Grèce, ça surprend (et on a l'impression d'être une anomalie). Là, contrairement à ce qui était écrit, point de nudiste à l'horizon (mais il était peut-être trop tôt).
    Pour les bagages, oui, visiblement, ça peut même se faire avec des ânes.
    Merci pour tes conseils, je les note.

    RépondreSupprimer
  4. Je sors de la lecture de "entre deux mers" d'Axel Kahn, j'ai l'impression de continuer à randonner avec toi (virtuellement). Physiquement je ne pourrais pas le faire et je le regrette beaucoup, j'envie ce genre de périple. (pour les nudistes, je suis tombée dessus sans crier gare aussi au bord du lac Léman, c'est drôle cette impression immédiate d'être une intruse !)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je viens d'aller voir le livre dont tu parles, il aurait été un bon compagnon de voyage pour cette rando!
      C'est ce que j'aime avec les blogs, ce partage des expériences; à cet égard, ton billet sur les jardins m'a donné très envie d'assister à ce genre de manifestation.

      Supprimer
  5. J'adore la Bretagne et sa soeur jumelle, la Corse, mais tu dois le savoir à force. Punaise 90km en 4 jours bravo. Je suis comme toi, à l'époque où je randonnais, c'était 3h de marche, 4h au maximum. Aujourd'hui je ne pourrais pas , enfin je crois. Les plages bretonnes désertes sont sublimes, elles se prêtent à tout, y compris au libertinage. Par contre, je suis surpris par les tiques...des tiques en Bretagne ?? Ben alors le réchauffement climatique est bien là, on le savait...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, j'avais cru comprendre que tu affectionnais ces régions ;-).
      Tu sais, dans les forêts picardes de mon enfance, il y a toujours eu des tiques. Et je connais une fille qui a attrapé la maladie de Lyme en Normandie donc je ne pense pas que les régions du Nord de la France aient un jour été épargnées.

      Supprimer
  6. Superbe idée que cette découverte en randonnée des côtes bretonnes.
    Vous faisiez des étapes de combien de kilomètres environ ?
    J'adorerais le faire c'est noté dans un coin de ma tête.
    Bises et merci pour ce joli partage

    RépondreSupprimer
  7. Au début, nous marchions 25 km, puis un peu moins les deux derniers jours, et je pense qu'il vaut mieux ne pas voir trois grand au bout du troisième jour car la fatigue (ou pour moi, les problèmes d'ampoules) commencent à être encombrants.

    RépondreSupprimer
  8. Bravo pour cette randonnée ! C'est vrai que la Bretagne est belle. Et la fameuse forêt de Brocéliande (forêt de Paimpont)... J'en ai encore plein les yeux !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci, Lydia! Il y encore tant d'endroits que je dois encore découvrir en Bretagne.

      Supprimer
  9. Une expérience sympa, je ne sais pas si j'en serai capable mais l'idée me plaît beaucoup. Comment avez-vous ensuite regagné votre point de départ? Pour les chaussures je ne suis pas sûre que les prendre plus grande soit une bonne idée, ton pied sera moins bien maintenu et glissera un peu, ça risque de faire des echauffement dessous non? J'ai acheté des chaussettes renforcées chez decath c'est assez efficace, mais peut-être que tu avais déjà ça?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Par le Tibus, c'est très pratique. Je note l'idée des chaussettes renforcées.

      Supprimer
  10. Pour les chaussures, une taille au dessus n'est pas forcément nécessaire comme pour la course à pied mais il faut avoir de la marge quand même sinon, en descente, on souffre vraiment. Je te conseille de choisir de bonnes chaussettes aussi, ça compte beaucoup. Pour les ampoules, j'utilise les pansements compeed qui font comme une seconde peau. Je suis une adepte de la rando, surtout en montagne, et ces périples sur plusieurs jours sont un vrai bonheur.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai acheté des compeed après et c'est vrai que c'est l'idéal. Merci pour ces précieux conseils.

      Supprimer

Par le vent pleuré de Ron Rash

Eugène vit dans une petite ville de Floride. Son grand-père y fut le médecin incontournable de toute la ville. Lui cuve désormais sa pein...