mardi 2 octobre 2018

Quand Dieu boxait en amateur de Guy Bolet

Il faut admettre, dût-on passer pour un fils idolâtre, que mon père est d'une beauté sauvage, James Dean local, il possède les yeux et le voix tendre d'un Jean Marais d'un Dean Martin, d'un Jean Sablon, d'un Luis Mariano et la prestance d'un Cary Grant ou d'un Gary Cooper [...].Cupidon et Eros seraient spontanément descendus parmi nous qu'on l'eût spontanément baptisé des deux noms à la fois. C'est du moins ce qu'en pensent les femmes sitôt qu'il apparaît, un frisson animal parcourant leur échine et venant se répandre dans des endroits auxquels Dieu interdit que l'on puisse seulement songer. 

Le narrateur de ce roman raconte son père, ce héros qui ressemble pourtant plutôt à un homme étant passé à côté de ses rêves qu'à ce qu'on imagine d'un héros. Boxeur amateur adorant jouer des scènes d'opérettes dans sa cuisine, cet homme avait aussi de nombreuses fois personnifié Jésus dans la pièce écrite par son meilleur ami devenu abbé. Pourtant, ce Jésus d'opérette n'avait pas les épaules assez larges pour porter sa croix, celle du décès de son deuxième fils, mort dans sa petite enfance. 
Vous imaginez bien que moi qui ai passé l'année dernière à dire à ma fille, surtout, le jour de l'oral d'anglais, à la question "Qui est ton héros ?", tu ne réponds pas "Ma mère" parce que je ne supporte plus cette réponse idiote et souvent non étayée par des arguments convaincants, je n'étais pas la lectrice idéale pour ce roman. Je n'aime pas les romans, fictifs ou pas parce qu'au final, peu m'a importé que le narrateur soit l'auteur ou pas, qui parlent des mères ou des pères, que ce soit pour les porter aux nues ou pour les vilipender. Je n'ai rien contre le fait d'être en adoration devant ses parents, dans la vie, ça me touche même qu'on me démontre que ça arrive, mais je trouve que ça fait globalement de la mauvaise littérature. 
Je sais que Guy Boley a gagné le cœur de nombreuses blogueuses littéraires avec son précédent roman, Fils de Feu et je suis la première à reconnaître la qualité de sa plume. J'ai aimé quelques passages mais j'ai trouvé l'ensemble bien creux. 

Publié en août 2018 chez Grasset. 175 pages. 

Merci à la FNAC.
A conseiller à celles qui n'ont pas une pierre à la place du cœur. 

7 commentaires:

  1. Je l'ai trouvé intéressant, ce père, mais je suis restée totalement extérieure au roman. Tu as eu des retours de la part des élèves ?

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  2. Il manquait un petit quelque chose à son premier roman pour m'embarquer totalement. Même si tu n'es pas convaincue je pense que celui-ci me plairait davantage.

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  3. Je n'ai pas l'intention de lire celui-ci, bien qu'ayant beaucoup aimé le précédent. Les billets que j'ai lus ne m'ont pas convaincue (et le tiens enfonce le clou).

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  4. Ca a le mérite d'être clair. Je suis sûre que ce roman ne me plairait pas. Je n'ai pas lu non plus le précédent. Il y a tant à lire, ce n'est pas bien grave.

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  5. J'adore ton conseil ! Comme j'ai une pierre à la place du coeur, je ne compte pas lire ce livre...

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  6. Ahaha j’adore ta réflexion sur l'adoration pour ses parents - merveilleuse dans la vie, mais à nous épargner en littérature ;-)

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Oui, oui, oui !

C'est mon chouchou (le livre ou l'auteur, je ne sais pas dire) et il vient de remporter le Goncourt 2018. Un grand bravo à Nicolas ...